Frise chronologique
1719-1720
Construction du château
Construction du château
1719-1720 (≈ 1720)
Par Jean-Baptiste Franque pour Forbin-Janson
1789-1799
Dégâts révolutionnaires
Dégâts révolutionnaires
1789-1799 (≈ 1794)
Fronton martelé, reste épargné
1810
Vente à l’abbé Solliers
Vente à l’abbé Solliers
1810 (≈ 1810)
Changement de propriétaire après les Forbin
1957
Classement partiel
Classement partiel
1957 (≈ 1957)
Façades, toitures et escalier protégés
2003
Inscription totale
Inscription totale
2003 (≈ 2003)
Château, dépendances et parc classés
2005
Label Jardin remarquable
Label Jardin remarquable
2005 (≈ 2005)
Reconnaissance du parc historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures ; la cage d'escalier (cad. B 647) : classement par arrêté du 29 avril 1957 - Le château et ses dépendances en totalité, ainsi que le parc en totalité comprenant les terrasses, les murs de soutènement, les statues, les portails, les bassins, les fontaines, tout le système hydraulique et tous les autres éléments qui constituent le parc, y compris les parcelles qui entrent dans la composition d'origine notamment le potager et le fruitier (cad. ZD 25 à 28, 30 à 32, 36 à 40, 42 à 44) : inscription par arrêté du 30 juillet 2003
Personnages clés
| Joseph Palamède de Forbin-Janson - Commanditaire du château |
Marquis, branche principale des Forbin |
| Jean-Baptiste Franque - Architecte du château |
Avignonnais, inspiré par Versailles |
| Abbé Henri-Anne Solliers - Propriétaire en 1810 |
Acheteur après la famille Forbin |
| Jean-Claude et Robert Allibert - Restaurateurs en 1981 |
Antiquaires, sauvegarde du monument |
Origine et histoire
Le château de Sauvan, édifié entre 1719 et 1720 à Mane dans les Alpes-de-Haute-Provence, est l’œuvre de l’architecte avignonnais Jean-Baptiste Franque pour Joseph Palamède de Forbin-Janson. Ce membre éminent de la famille Forbin, enrichie par le commerce marseillais, appartenait à une lignée ayant marqué l’histoire de Provence par son engagement au service du royaume et de l’Église. Le château, symbole de leur puissance, s’inscrit dans un patrimoine familial incluant d’autres demeures prestigieuses comme La Barben ou La Verdière.
La Révolution française épargna largement le château, à l’exception du fronton de sa façade principale, martelé. Au XIXe siècle, il changea plusieurs fois de mains : vendu en 1810 à l’abbé Henri-Anne Solliers, il passa ensuite à sa nièce, Marie-Rose Chambaud de Cochet, épouse du comte Paul Servan de Bezaure. Le domaine, réduit à trois terrasses et doté d’une pièce d’eau entre le château et ses communs, connut des aménagements paysagers aux XIXe et XXe siècles.
Acquis en 1981 par les frères antiquaires Jean-Claude et Robert Allibert alors en ruine, le château bénéficia d’une restauration méticuleuse. Les nouveaux propriétaires retrouvèrent une partie du mobilier d’origine et le réaménagèrent avec soin. Aujourd’hui propriété privée ouverte au public, il est protégé intégralement depuis 2003, incluant son parc labellisé « Jardin remarquable » en 2005. Son architecture, inspirée de Versailles, et son histoire ont inspiré des œuvres culturelles, comme le roman Chronique d’un château hanté de Pierre Magnan.
Les éléments protégés au titre des monuments historiques incluent les façades, toitures, la cage d’escalier (classés en 1957), ainsi que l’ensemble du parc avec ses terrasses, statues, bassins et système hydraulique (inscrits en 2003). Le château, souvent comparé au Petit Trianon pour son élégance, illustre le faste des familles provençales au siècle des Lumières.
La famille Forbin-Janson, marquis depuis 1626, a laissé une empreinte durable en Provence. Plusieurs de ses membres, comme Michel (1700-v. 1777), Joseph (1726-1806), ou Charles (1783-1849), se succédèrent comme propriétaires. Leur héritage architectural et culturel reste visible à travers des châteaux comme Sauvan, témoignant de leur influence régionale et de leur mécénat.