Origine et histoire du Château de Sauveterre
Le château de Sauveterre, situé dans le Tarn en Occitanie, est un édifice fortifié dont les origines remontent à un castrum incendié au XIIIe siècle lors de la croisade des Albigeois. Reconstruit au XVIe siècle par la famille Auxilhon, originaire de Picardie, il remplace un château en ruine acquis en 1452, dévasté par la guerre de Cent Ans et la peste. Les Auxilhon, récompensés pour leur engagement militaire (notamment à Bouvines en 1214), transforment le site en un logis Renaissance flanqué de tours rondes.
Au XIXe siècle, le château subit d’importantes restaurations dirigées par l’architecte Bernard Charles entre 1818 et 1825, après les dégâts causés par les guerres de Religion et la Révolution. Confisqué pendant cette dernière, il est rendu à ses propriétaires sous la Restauration. Les travaux du XIXe siècle ajoutent un escalier néoclassique, des peintures en trompe-l’œil, et réaménagent les façades. La chapelle du château, adossée au logis, devient l’église paroissiale Sainte-Croix, abritant les sépultures familiales.
Le site, inscrit aux monuments historiques en 2002, conserve des éléments défensifs comme des canonnières et une corniche crénelée. La famille Auxilhon, toujours propriétaire après cinq siècles, y a laissé des traces architecturales mêlant Moyen Âge (tours, fossés), Renaissance (logis rectangulaire), et néoclassicisme (décors intérieurs). Les archives évoquent des attaques pendant les guerres de Religion (1588, 1622) et une reconstruction partielle au XVIIe siècle après des pillages.
L’organisation spatiale du château inclut un logis principal de 40 mètres, une cour de 110 m de long, et des dépendances en ruine (écuries). Le colombier, situé dans la cour, et le pigeonnier (ancienne tour médiévale) rappellent son rôle seigneurial. À l’intérieur, les salons du XIXe siècle, la cuisine avec sa cheminée monumentale, et l’escalier de service triangulaire illustrent les adaptations successives du bâtiment.
Les Auxilhon, seigneurs de Sauveterre depuis 1452, marquent l’histoire locale : Jean-Jacques d’Auxilhon restaure le château au XVIIe siècle, tandis que Maximilien de Gayraud de Lasserre (adopté en 1810) lance les travaux du XIXe siècle avec son épouse Marie Pauline de Pins. Leur blason, écartelé aux roues d’or et à la colombe, orne encore le site. Le château, ouvert sur une boucle du Thoré, domine le village d’une vingtaine de mètres, soulignant son rôle stratégique et symbolique.