Origine et histoire du Château de Savigny-le-Vieux
Le château de Savigny-le-Vieux, situé sur la commune de Curgy en Saône-et-Loire, est un édifice médiéval dont les origines remontent au XIVe siècle. Le donjon, cœur du château, mesure 9 mètres de côté et 17 mètres de haut, construit en pierre locale avec des murs de 1,30 mètre d’épaisseur. À l’origine entouré d’une palissade de bois, il fut plus tard doté d’une enceinte de pierre et de douves, aujourd’hui disparues. Ce site isolé, accessible par un chemin de terre, est niché dans un cadre naturel préservé, entouré de prés et de vergers.
Le donjon, seul vestige majeur des structures initiales, conserve des éléments défensifs comme des meurtrières élargies en fenêtres et une charpente du XVIe siècle en châtaignier. Au XVIe siècle, le chanoine Gabriel de Grigny y adossa un pavillon, aujourd’hui effondré, dont il ne reste que les contreforts. Le château, propriété du chapitre d’Autun à partir de 1410, fut vendu comme bien national en 1791. Depuis 1987, Éric Mayer-Schaller, descendant des anciens propriétaires, mène des travaux de restauration pour préserver ce patrimoine.
L’histoire du château est marquée par des figures comme Hugues de Drée, premier seigneur connu en 1365, et Jean du Rousset, conseiller de Charles VI, qui en prit possession avant 1410. Les chanoines d’Autun, peu soucieux de son entretien, exploitèrent surtout les 250 hectares de terres attenantes. Après la Révolution, le château passa entre les mains de la famille Couland jusqu’en 1987. Aujourd’hui, le donjon, partiellement visitable, abrite des éléments historiques comme une liste des chanoines seigneurs et une rare représentation de Jean du Rousset.
Le château, inscrit aux monuments historiques en 1990, ne se visite qu’en été et lors des Journées du Patrimoine. La pièce principale du donjon, aménagée avec un mobilier rustique, témoigne de son évolution architecturale, des meurtrières médiévales aux fenêtres à vitraux. Les armoiries des familles Drée et du chapitre d’Autun rappellent les liens féodaux et religieux qui ont façonné son histoire. Enfin, un ruisseau, autrefois traversant le domaine, a été canalisé par le propriétaire actuel.
La restauration entreprise depuis 2007 vise à rendre le donjon habitable, tout en préservant son authenticité. Les traces des anciennes fortifications, bien que partiellement effacées au XIXe siècle, rappellent son rôle défensif passé. Le site, accessible par la route départementale 107, offre un panorama sur la vallée de la Drée, soulignant son isolement et son caractère pittoresque.
Les sources historiques, comme les travaux de J.-F. Clanet ou l’armorial d’Harold de Fontenay, documentent les armoiries et les successions de propriétaires. Le château illustre ainsi l’évolution d’une seigneurie médiévale en un domaine agricole, puis en un patrimoine préservé par des passionnés d’histoire.