Origine et histoire du Château de Scey
Le château de Scey, aussi appelé castel Saint-Denis, est un édifice fortifié dont les origines remontent au Xe siècle, bien que les premières mentions écrites datent de 1083. Construit sur un éperon rocheux entre 478 et 496 mètres d’altitude, il domine la vallée de la Loue et le village de Scey-Maisières. Son histoire est marquée par des phases de destruction et de reconstruction, reflétant les conflits régionaux, notamment les attaques des routiers en 1364 et des troupes de Louis XI en 1479-1480.
La première tour, dite tour Saint-Denis, est érigée en 1166 par Pierre de Scey, gardien du comté de Bourgogne sous Frédéric Ier. Une seconde tour, Montsoufflot, aujourd’hui disparue, est construite après 1179. Le château est refortifié en 1494 sur ordre de l’empereur Maximilien, puis reconstruit entre 1565 et 1576 par Nicolas Perrenot de Granvelle, après son rachat en 1550. Il subit un siège suédois en 1639 avant d’être détruit en 1674 sur ordre de Louis XIV.
Le site se compose de trois parties : la basse-cour (dépendances et habitations des XVIe-XVIIe siècles), l’avant-château (logis et chapelle du XVIe siècle) et le logis seigneurial, mêlant vestiges médiévaux et rénovations Renaissance. La chapelle, accolée à la tour Saint-Denis, est construite à partir de 1480 et achevée un siècle plus tard. Les ruines, classées en 1934 et 1987, font l’objet de consolidations depuis 1995, menées par des associations d’insertion.
Les fouilles archéologiques ont révélé des traces d’occupation antérieures au Xe siècle, ainsi que des éléments architecturaux comme des citernes, une sommellerie (stockage de vins locaux), et des salles voûtées du XVe siècle. La tour Saint-Denis, partiellement conservée, illustre le style médiéval comtois avec ses murs à bossage et sa couverture en pierre calcaire. Le château incarnait un lieu de pouvoir, de défense et de prestige pour les seigneurs de Scey et les Granvelle.
La destruction définitive en 1674 marque la fin de son rôle militaire, mais le site reste un témoignage majeur de l’histoire franche-comtoise. Les travaux récents visent à préserver les vestiges (murs de la basse-cour, tour, citerne) et à aménager des espaces de visite, comme un belvédère. Le château est aujourd’hui un lieu patrimonial ouvert à la découverte, géré par des acteurs locaux et des bénévoles.
Son classement au titre des monuments historiques (1934 pour le site, 1987 pour les ruines) souligne son importance architecturale et historique. Les études archéologiques, comme celles menées par l’UMR 7044 de Strasbourg en 2004, continuent d’enrichir les connaissances sur ce château emblématique du Doubs, à la croisée des influences médiévales et renaissantes.