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Château de Schwartzenbourg dans le Haut-Rhin

Château de Schwartzenbourg

  • Route Sans Nom
  • 68140 Griesbach-au-Val
Route Sans Nom, 68140 Munster, France

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
2000
1261
Construction initiale
1262
Cession à l’évêché de Bâle
1496-1500
Modernisation militaire
1638
Prise par les impériaux
1673
Destruction par les Français
2016-2020
Études et demande de classement
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Walter de Geroldseck - Seigneur et bâtisseur Commanditaire du château en 1261.
Jacob Beger - Modernisateur du XVe siècle Responsable des travaux anti-artillerie (1496-1500).
Pierre Scher - Écuyer et geôlier Utilisa le château pour détenir des prisonniers.
André Frédéric Hartmann - Propriétaire au XIXe siècle Intégra la ruine dans un parc romantique.
Jean-François Gauthier - Procureur général Reçut le château en fief en 1678.

Origine et histoire

Le château de Schwartzenbourg (ou Schwarzenberg), situé à cheval entre Griesbach-au-Val et Munster dans le Haut-Rhin, est un château-fort construit en 1261 par la famille de Hohengeroldseck sur des terres contestées de l’abbaye de Munster. Son objectif initial était de contrôler l’abbaye, alors disputée entre les Hohengeroldseck et l’évêque de Bâle. Malgré les protestations de l’abbaye, les travaux se poursuivirent rapidement, mais en 1262, après un arbitrage royal et une défaite militaire, Walter de Geroldseck dut céder le château à l’évêché de Bâle.

Entre le XIIIe et le XVe siècle, le château changea plusieurs fois de mains et de fonctions. Confié à des familles comme les Münch de Landskron ou les Beger de Geispolsheim, il fut modernisé entre 1496 et 1500 pour résister à l’artillerie, avec l’ajout de murs épaissis et de terrasses d’artillerie. Cependant, sa pertinence stratégique déclina après que la vallée du Saint-Grégoire obtint l’immédiateté impériale en 1287, réduisant son rôle à celui d’un gage ou d’une prison pour otages.

Au XVIIe siècle, le château fut partiellement détruit par les Français en 1673, puis abandonné. Au XIXe siècle, il devint une ruine romantique intégrée à un parc à l’anglaise par la famille Hartmann, avant d’être fortifié par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale. Des travaux de consolidation eurent lieu aux XIXe et XXe siècles, notamment par des bénévoles dans les années 1980. Depuis 2016, des études (topographie, modélisation 3D) visent à préserver et classer les ruines.

Architecturalement, le château se compose d’un noyau pentagonal du XIIIe siècle, flanqué de tours rondes et d’un mur-bouclier renforcé au XVe siècle pour résister aux canons. Une basse-cour extérieure, aujourd’hui très dégradée, complétait le dispositif défensif. Les matériaux, extraits sur place, et la qualité médiocre de la maçonnerie ont accéléré sa ruine. Parmi les éléments remarquables figurent une chapelle dédiée à sainte Anne et des peintures murales aujourd’hui disparues.

Le site, envahi par la végétation jusqu’aux années 2010, fait l’objet d’un regain d’intérêt patrimonial. Une demande de classement au titre des monuments historiques a été déposée en 2020 par le maire de Stosswihr, suite à des diagnostics sanitaires et des relevés techniques. Son histoire reflète les tensions politiques et militaires qui ont marqué l’Alsace du Moyen Âge à l’époque moderne.

Liens externes

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