Origine et histoire
Le château de Sedan, aussi appelé château-haut, est un ancien château fort du XVe siècle construit sur un éperon rocheux stratégique à Sedan, dans les Ardennes. Initialement érigé par Évrard II de La Marck-Arenberg en 1424 autour d’un prieuré bénédictin du XIe siècle, il fut agrandi par ses descendants, notamment Robert II de La Marck, pour résister aux sièges de Maximilien d’Autriche (1495) et Charles Quint (1521). Ses fortifications, modernisées au XVIe siècle avec quatre bastions et des terrasses à canons, en firent une place forte redoutable, intégrée plus tard au pré carré de Louis XIV.
La forteresse, d’une superficie de 35 000 m2 sur sept niveaux, fut le siège de la principauté souveraine de Sedan jusqu’en 1642, date à laquelle Frédéric-Maurice de La Tour d’Auvergne, impliqué dans une conspiration contre Richelieu, dut la céder à la France. Vauban y intervint en 1699 pour adapter la porte des Princes aux progrès de l’artillerie. Le château joua un rôle clé lors de la défaite de Napoléon III en 1870 : c’est depuis ses remparts que fut hissé le drapeau blanc marquant la capitulation française face aux Prussiens.
Déclassé après 1870, une partie de ses bastions fut dynamitée, mais le site fut sauvé par son classement aux monuments historiques en 1965. Aujourd’hui, il abrite un musée, un hôtel-restaurant, et accueille des événements comme le Festival médiéval ou des tournois de chevalerie. En 2023, il fut élu Monument préféré des Français, attirant plus de 145 000 visiteurs annuels.
Le château conserve des traces de son passé militaire et princier : le logis Renaissance de Robert IV de La Marck, les magasins Fabert (XVIIe siècle), et les ruines du prieuré Saint-Martin. Ses murs, larges jusqu’à 27 mètres, et ses sept étages en font un exemple unique d’architecture défensive médiévale et moderne. Les fouilles ont révélé des assises du XIe siècle, témoignant de son occupation ancienne.
Pendant la Première Guerre mondiale, la citadelle servit de camp d’internement pour des civils français et belges, surnommé le Bagne, où plus d’un millier de détenus périrent. Au XXe siècle, des restaurations permirent d’y installer des espaces culturels et touristiques, tout en préservant son caractère historique, comme en témoigne la maquette du Sedan du XIXe siècle exposée dans le musée municipal.