Origine et histoire du Château de Selore
Le château de Sélore, situé à Saint‑Yan en Saône‑et‑Loire, est une propriété privée inscrite au titre des monuments historiques depuis le 28 février 2007. Un château ancien aurait été détruit pendant les guerres de Religion ; l'édifice actuel remonte aux XVIe et XVIIe siècles. Il présente un corps central rectangulaire sous un haut toit à croupes, flanqué à chaque extrémité d'ailes étroites légèrement en avancée sur les deux façades. La travée centrale de chacune des façades est percée au rez‑de‑chaussée d'une grande porte encadrée de pilastres en bossage et surmontée d'un fronton cintré ; celui du nord est interrompu par un cadran d'horloge, tandis que celui du sud, plus imposant, encadre les armoiries de la famille Pfetten‑Iseux. Des bandeaux plats rythment les façades et les fenêtres reposent sur des appuis caractéristiques. Au nord, le château est précédé d'une cour close par un mur crénelé, interrompu par une porte cochère couronnée du chiffre de la famille, dont les piliers du XVIIIe siècle en bossage arrondis sont surmontés de flammes. Au sud, une vaste terrasse autrefois fortifiée, portée par un mur de soutènement et aménagée autour de deux tours médiévales, sépare la demeure du ruisseau de Sélore. Sur cette terrasse se trouve un jardin à la française, délimité à l'est par un canal recréé selon des plans du XVIIe siècle et à l'ouest par un mur d'enceinte établi depuis le premier Empire. Au nord sont disposés de part et d'autre des communs et un pigeonnier circulaire ; au nord‑est se retrouvent deux communs supplémentaires, une aile d'écuries et de chenils, ainsi qu'un colombier, une serre, une glacière et deux bastions à l'extrémité sud du parc. À l'intérieur, une grande cheminée typiquement bourguignonne du XVIe siècle subsiste et deux pièces conservent des plafonds à la française peints ainsi que des frises à rinceaux attribuées au XVIIe siècle. Des vestiges de la fortification médiévale subsistent : des murs et tours édifiés pour garder l'aile ouest du comté du Charolais, dont seules deux des quatre tours d'origine ont survécu, et une tour d'observation sur la motte dite de Puthiere, à cinq cents mètres à l'est. La motte de Puthiere offrait une vue sur la plaine de l'Arconce et permettait l'observation stratégique de la région. Selore fit partie de l'histoire du comté du Charolais, rattaché successivement aux ducs de Bourgogne puis, par héritage, aux Habsbourg ; le comté ne revint au royaume de France qu'en 1760. Le fief fut acquis en 1563 par la famille Baudinot, et Guillaume Baudinot fit construire le corps central, où subsiste la grande cheminée. Par la suite la propriété passa dans la famille : au milieu du XVIIe siècle des communs furent élevés, et Palamède Baudinot, héritier en 1675, fit édifier les deux ailes et commanda les peintures vénitiennes des plafonds, récemment restaurées après l'inscription au monument historique. Au XVIIIe siècle la propriété changea plusieurs fois de mains parmi les familles Lenet, Duprat et Verchère, puis fut vendue en 1777 à Joseph de Monteynard, qui entreprit des travaux d'aménagement intérieur de style Louis XVI. Pendant la période révolutionnaire la famille Monteynard conserva la propriété ; en 1814 elle fut acquise par le baron Jean‑Baptiste Grégoire Delaroche, qui y vécut jusqu'à son décès en 1845. Plus tard le château passa aux comtes de Saint Cyr d'Antioche, puis à la famille Pfetten‑Iseux, descendante des constructeurs, qui en est actuellement propriétaire et n'ouvre pas le site au public. Les communs abritent aujourd'hui la vénerie de l'Equipage de Sélore, avec des écuries et un chenil de foxhounds. Les armes des familles liées au château — Baudinot, Lenet, Monteynard et Pfetten‑Iseux — figurent dans son histoire et sur certains éléments décoratifs.