Frise chronologique
Fin du Xe siècle
Construction du donjon en bois
Construction du donjon en bois
Fin du Xe siècle (≈ 1095)
Fondé par Foulques Nerra, comte d'Anjou.
XIIe siècle
Construction du donjon en pierre
Construction du donjon en pierre
XIIe siècle (≈ 1250)
Donjon carré de 13 mètres de côté.
XIVe siècle
Ajout d'une double enceinte
Ajout d'une double enceinte
XIVe siècle (≈ 1450)
Renforcement défensif avec pont fortifié.
12 octobre 1516
Acquisition par Jacques de Beaune
Acquisition par Jacques de Beaune
12 octobre 1516 (≈ 1516)
Achat par le surintendant des Finances.
Début XVIe siècle
Rénovations par Jacques de Beaune
Rénovations par Jacques de Beaune
Début XVIe siècle (≈ 1604)
Logis seigneurial et chapelle ajoutés.
6 mars 1947
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
6 mars 1947 (≈ 1947)
Protection des vestiges du château.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château (vestiges) (cad. D 108) : inscription par arrêté du 6 mars 1947
Personnages clés
| Foulques Nerra - Comte d'Anjou |
Fonda le premier donjon en bois. |
| Jacques de Beaune - Surintendant des Finances |
Rénova le château au XVIe siècle. |
| Aleaume Ier - Seigneur de Semblançay (XIe siècle) |
Bienfaiteur de l'abbaye de Marmoutier. |
| Jeanne Rotrou de Montfort - Dame de Semblançay (XIIIe siècle) |
Transmit le domaine par mariage. |
| Guillaume VI L'Archevêque - Baron de Parthenay (XIIIe-XIVe siècle) |
Époux de Jeanne Rotrou de Montfort. |
| Louis (II) de La Trémoille - Duc de Noirmoutier (XVIIe siècle) |
Vendit Semblançay en 1648. |
Origine et histoire
Le château de Semblançay trouve ses origines à la fin du Xe siècle, lorsque Foulques Nerra, comte d'Anjou, y fit construire un premier donjon en bois. Ce site stratégique, implanté sur un promontoire rocheux dominant un étang aujourd'hui asséché, fut ensuite renforcé par des structures en pierre. Le donjon carré actuel, daté du XIIe siècle, mesure 13 mètres de côté et est entouré de contreforts plats. Ce monument illustre l'architecture défensive médiévale, avec une première enceinte épousant les contours du rocher et une seconde, polygonale, ajoutée ultérieurement.
Au XIVe siècle, le château fut modernisé avec une double enceinte et un pont en bois fortifié, reflétant les évolutions des techniques militaires. Jacques de Beaune, surintendant des Finances sous François Ier, entreprit au XVIe siècle d'importants travaux : réparation des enceintes, construction d'un logis seigneurial et d'une chapelle à l'est de l'étang. Ces aménagements marquent la transition entre la forteresse médiévale et une résidence aristocratique. La première enceinte, flanquée de quatre tours rondes et d'un bastion, témoigne de cette période de rénovation.
Le château changea plusieurs fois de mains au fil des siècles, passant entre les familles de Beaune, La Trémoille, et enfin d'Albert de Luynes. En 1648, Claude Housset, secrétaire du roi, en devint propriétaire avant de le céder aux ducs de Luynes. Les vestiges actuels, inscrits aux monuments historiques en 1947, comprennent le rez-de-chaussée et le premier étage du donjon, ainsi que des fragments des enceintes et des logis. Le site offre un exemple remarquable de l'évolution architecturale des châteaux forts en Touraine, du Moyen Âge à la Renaissance.
L'histoire du château est également marquée par ses propriétaires successifs, dont les seigneurs de Semblançay, connus depuis le XIe siècle. Parmi eux, Aleaume Ier, bienfaiteur de l'abbaye de Marmoutier, ou encore Jeanne Rotrou de Montfort, qui transmit le domaine par mariage aux familles L'Archevêque puis d'Harcourt. Au XVe siècle, le château fut saisi par la couronne avant d'être restitué, puis confisqué à nouveau, illustrant les tensions politiques de l'époque. Ces changements de propriété reflètent les alliances et les conflits qui ont façonné l'histoire locale et régionale.
La protection du château en 1947 souligne son importance patrimoniale. Bien que partiellement en ruines, les vestiges permettent d'appréhender son organisation défensive initiale, avec un donjon central et des enceintes concentriques. L'escalier droit, accolé au mur, desservait les étages du donjon, tandis que les tours subsistantes des enceintes rappellent les systèmes de défense successifs. Ce monument, aujourd'hui situé à l'adresse 6 Rue Louis Jérôme Gohier à Semblançay, reste un témoignage précieux de l'histoire militaire et seigneuriale de la Touraine.