Origine et histoire du Château de Sennecey-le-Grand
Le château de Sennecey-le-Grand, situé en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au Xe ou XIe siècle avec une première « maison-forte » tenue par Thibert de Sennecey. Ce bâtiment initial, de 60 mètres de long et 44 de large, était entouré de fossés profonds et défendu par des tours rondes. L’entrée, orientée au sud-ouest, était flanquée de deux grosses tours reliées par une courtine percée d’une porte protégée par une herse et un pont-levis. Ces tours, reconstruites au XVe siècle par Jean II de Toulongeon, furent démolies au XVIIIe siècle sous le comte Antonin de Noailles.
Au XVe siècle, le château, décrit comme vétuste et endommagé par les guerres entre Armagnacs et Bourguignons, fut partiellement restauré grâce à l’aide financière du duc de Bourgogne. Jean II de Toulongeon, seigneur de Sennecey, avait levé une armée importante pour défendre la forteresse, mais sa mort en 1427 laissa à son fils le soin d’achever les travaux, terminés vers 1470. Les rénovations inclurent le renforcement des défenses et la réparation des dégâts subis lors des conflits.
Le XVIe siècle marqua une transformation majeure sous l’impulsion de Nicolas de Bauffremont-Sennecey et de son fils Claude. Le château fut agrandi et embelli, avec la construction d’une nouvelle enceinte bastionnée, de pavillons d’angle, et d’un pont de pierre orné de statues mythologiques (Jupiter, Vénus, Junon). Les intérieurs furent modernisés, avec des salles spacieuses comme la « salle des Empereurs », décorée de toiles et de sculptures, et une chapelle restaurée. Les fossés furent comblés, et une vaste cour entourée de douves fut aménagée, reflétant le faste des « Bons Barons » de l’époque.
Après les Bauffremont, le château changea plusieurs fois de mains : il passa aux Foix-Candale en 1641, puis aux Vieuxpont en 1680, et enfin aux d’Ailly au XVIIIe siècle. En 1777, il fut vendu à Sabine Olivier de Senozan de Viriville, épouse du duc de Talleyrand-Périgord. Leur fille, Mélanie de Talleyrand, le transmit par mariage aux Noailles en 1803. Ces derniers le vendirent à la commune en 1824, qui le démolit pour construire l’église paroissiale. Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges : les pavillons d’angle, des portions de murailles, des douves, et deux ponts de pierre.
La chapelle du château, érigée en 1377 par Jean de Sennecey et restaurée au XVIe siècle, était un lieu de culte actif jusqu’en 1793. Elle était divisée en deux parties, avec une balustrade réservant un espace aux seigneurs. Le parc, aménagé derrière le château, comprenait des allées d’ormes et de marronniers, des parterres de fleurs, et une pièce d’eau circulaire, entretenu annuellement par un jardinier venu de Versailles. Ces aménagements reflétaient le prestige de la seigneurie de Sennecey, l’une des plus importantes de Bourgogne.
Classé partiellement aux monuments historiques en 1937, le site conserve également une esplanade classée depuis 1938. Les vestiges actuels, propriété de la commune, témoignent de son passé fastueux, entre forteresse médiévale et résidence Renaissance, avant sa destruction au XIXe siècle pour laisser place à un édifice religieux.