Origine et histoire
Le château de Séran, situé dans le Tarn à Massac-Séran, est un monument de style Louis XV mentionné dès 1803. Il apparaît sur la carte cadastrale de 1824 et est cité dans le Répertoire archéologique du Tarn en 1865. Le domaine, entouré d’un parc de 5 hectares, se compose d’un bâtiment central prolongé par deux ailes, typique de l’architecture aristocratique de l’époque. Les cartes postales des années 1910, éditées par Labrouche ou Berdoulat, illustrent son prestige et la vie de ses propriétaires, les familles Daguilhon-Pujol puis de Juge-Montespieu.
Au XIXe siècle, le château appartient à Gustave Daguilhon-Pujol (1791–1882), avocat général à Toulouse, député du Tarn et officier de la Légion d’honneur. Il y passe sa retraite après une carrière politique et judiciaire marquée. Son fils, Charles Daguilhon-Pujol, premier président de la Cour d’appel de Pau et maire de Séran, perpétue l’héritage familial jusqu’à sa mort en 1914. La propriété passe ensuite à la famille de Juge-Montespieu, dont Laure Joséphine Marie, fille de Charles, épouse en premières noces le duc de Montebello, lié à l’affaire de la perte des papiers du maréchal Lannes.
Le XXe siècle marque l’apogée mondaine du château, avec des bals et dîners organisés par Mme de Juge-Montespieu. En 1934 et 1936, elle y reçoit l’élite militaire et aristocratique lors d’événements liés au concours hippique de Lavaur ou aux manœuvres du Sud-Ouest. Son fils, François de Juge-Montespieu, champion d’obstacles, épouse Marcia Mansel, infirmière décorée de la Croix de Guerre pour son engagement pendant les deux guerres mondiales. Après 1984, le château, partiellement en ruine, est occupé par la Compagnie Royal de luxe, puis transformé en copropriété en 1995. Un incendie en 2014 détruit une aile, depuis reconstruite.
Le parc du château, planté de ginkgo biloba, marronniers et chênes, s’étend sur 5 hectares, reflétant le goût des propriétaires pour les espaces paysagers. Les archives mentionnent aussi son rôle dans la vie locale, comme lieu de rassemblement pour les élites régionales. Aujourd’hui, le domaine est divisé en lots privés, témoignant d’une histoire à la fois aristocratique, judiciaire et mondaine, marquée par des figures comme Gustave Daguilhon-Pujol ou Marcia Mansel, symbole de résilience et d’engagement.