Origine et histoire du Château de Serres
Le château de Serres, situé à Labessière-Candeil dans le Tarn, trouve ses origines dans l’histoire de l’abbaye cistercienne de Notre-Dame de Candeil, fondée au XIIe siècle. Cette abbaye, puissante tant spirituellement que temporellement, possédait des terres agricoles riches entre le Tarn et le Dadou. Dès 1188, des textes mentionnent des terres appartenant à l’abbaye sur une colline en face du monastère. En 1263, la construction de bâtiments agricoles est autorisée, incluant une grande tour servant de grange dîmière, de tour de guet et de lieu de stockage des récoltes prélevées sur les paysans. La crainte des routiers pendant la guerre de Cent Ans pousse les moines à renforcer le site, ajoutant une seconde tour et un bastion pour protéger l’accès.
Au XVe siècle, le château devient une résidence secondaire pour les abbés de Candeil, rôle qu’il conserve pendant environ un siècle. L’abbé Guillaume de Boisset, au XVIe siècle, l’enrichit de larges fenêtres à meneaux, de cheminées et d’agrandissements pour le rendre plus confortable. Cependant, après les guerres de Religion — durant lesquelles le château reste inviolé malgré la prise du village par les protestants —, le site perd son statut de résidence principale. En 1731, un procès révèle son état de délabrement, entraînant des travaux de réduction des risques : une tour est raccourcie, une autre démolie, et les douves comblées. La Révolution française marque un tournant : le château, vendu comme bien national, est transformé en ferme au XIXe siècle avant d’être restauré par ses actuels propriétaires.
Architecturalement, le château de Serres conserve deux tours médiévales, vestiges de son passé fortifié. La plus imposante abrite une chapelle au dernier étage, accessible par un escalier à vis, dont les murs sont entièrement couverts de peintures murales. Ces peintures, ainsi que la chapelle, sont classées aux monuments historiques depuis 1980, tandis que les façades, toitures, caves voûtées et autres éléments sont inscrits. Les caves, avec leur pilier central, illustrent la fonction première du château : le stockage des récoltes et des dîmes. Deux canonnières et des traces de meurtrières obturées rappellent son rôle défensif. Après des siècles de transformations, notamment au XIXe siècle, le château a été racheté et restauré pour retrouver une partie de son lustre d’antan.