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Château de Servigny à Yvetot-Bocage dans la Manche

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de Servigny

    Route de Servigny
    50700 Yvetot-Bocage
Propriété privée
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Château de Servigny
Crédit photo : HaguardDuNord (talk) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1629
Acquisition par Guillaume Plessard
1740
Rachat par René Abaquesné de Parfouru
1872-1880
Modernisation néo-Renaissance
26 juin 1944
Reddition allemande de Cherbourg
7 novembre 1979
Protection monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; salon du premier étage avec son décor dans lequel a été signée, le 26 juin 1944, la capitulation allemande dite traité de Servigny (cad. C 163) : inscription par arrêté du 7 novembre 1979

Personnages clés

Guillaume Plessard - Procureur du roi Premier acquéreur connu en 1629.
Gaston Abaquesné de Parfouru - Propriétaire au XIXe siècle Modernise le château en style néo-Renaissance.
Lawton Collins - Général américain Y installe son PC en 1944.
Friedrich Von Schlieben - Gouverneur allemand de Cherbourg Signe la reddition au château.
Eugène Barthélémy - Architecte rouennais Dirige les travaux du XIXe siècle.
Jules Barbey d’Aurevilly - Écrivain normand Y situe une nouvelle des *Diaboliques*.

Origine et histoire

Le château de Servigny, situé dans le Cotentin, est une demeure des XVIe et XVIIe siècles profondément transformée au XIXe siècle. Construit initialement au XVIe siècle, il passe en 1629 à Guillaume Plessard, procureur du roi, puis à ses descendants, dont Antoine Plessard, conseiller du roi. En 1740, il est acquis par René Abaquesné de Parfouru, avant d’être modernisé entre 1872 et 1880 par Gaston Abaquesné de Parfouru et son épouse, avec l’aide de l’architecte Eugène Barthélémy. Le château adopte alors un style néo-Renaissance, mêlant pavillons, tourelles et un parc à l’anglaise planté d’essences exotiques.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le château devient le quartier général du général américain Lawton Collins en juin 1944. C’est dans son salon qu’est signée, le 26 juin, la reddition allemande de Cherbourg par le gouverneur Von Schlieben, puis celle du général Sattler le lendemain. Ces événements marquent un tournant dans la Libération de la Normandie, et Collins reviendra au château pour les commémorations de 1974 et 1984.

Après-guerre, le château reste une propriété privée, appartenant en 2020 au comte Arnaud de Pontac. Bien que non ouvert au public, il propose des chambres d’hôtes et conserve des éléments remarquables, comme une cheminée en marbre de Carrare issue du palais des Médicis, des boiseries et un escalier en fer forgé du XVIIIe siècle. Son salon historique, où fut signée la capitulation, est protégé au titre des monuments historiques depuis 1979.

Architecturalement, le château allie un logis central flanqué de deux pavillons, dont l’un, construit en 1683, arbore des portes à arc surbaissé. Le fronton porte les armes des familles Abaquesné de Parfouru et de Mésenge, tandis qu’une tourelle du XIVe siècle subsiste à l’arrière. Le domaine inclut aussi des serres ornées du monogramme « PM », une ferme avec écuries et pressoir, et un porche crénelé du XVIe siècle, témoin de son passé défensif.

Le château est également lié à la littérature : Jules Barbey d’Aurevilly y situa l’action d’une de ses Diaboliques, Le Bonheur dans le crime. Aujourd’hui, il reste un symbole à la fois de l’histoire militaire française et du patrimoine architectural normand, entre héritage Renaissance et transformations du XIXe siècle.

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