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Château de Sibra à Garde dans l'Ariège

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château de Sibra

  • Château de Sibra
  • 09500 Lagarde
Crédit photo : BastienM - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une société privée
09500 Lagarde, Château de Sibra

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
Fin XVIe siècle
Anoblissement de Louis de George
1706
Rétrocession à l’abbaye de Camon
1811
Rachat par la famille Espert
1878
Achat par Villary de Fajac
7 juillet 2004
Inscription aux monuments historiques
2017
Acquisition par Sybille Thomke
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le château, son parc avec toutes ses fabriques et annexes, en totalité (cad. AI 96, 97, 103 à 111, 113 à 118, 120, 121, 124, 133, 135, 136) : inscription par arrêté du 7 juillet 2004

Personnages clés

Louis de George - Seigneur anobli Premier propriétaire noble en 1597
Pierre Espert - Général d’Empire et vicomte Propriétaire en 1811, famille illustre
Joseph Paul François Villary dit de Fajac - Acquéreur en 1878 Commanditaire des rénovations éclectiques
Louis Mortreuil - Architecte toulousain Dirige les travaux de 1878
Sybille Thomke - Architecte suisse Propriétaire depuis 2017, restauratrice

Origine et histoire du Château de Sibra

Le château de Sibra, situé à Lagarde (Ariège), trouve ses origines dans une propriété seigneuriale liée à l’abbaye de Camon. Au XVIe siècle, Louis de George, anobli en Saint-George, en devient propriétaire. La seigneurie passe ensuite aux religieux de Camon en 1706, avant d’être rachetée par la famille De Saint-Georges jusqu’en 1811, date à laquelle elle est acquise par la famille Espert, dont Pierre Espert, général d’Empire et vicomte, marque l’histoire du domaine.

En 1878, Joseph Paul François Villary dit de Fajac achète le château aux enchères et entreprend d’importants travaux de rénovation sous la direction de l’architecte toulousain Louis Mortreuil. Le style éclectique adopté mêle des éléments néo-médiévaux (crénelages, mâchicoulis) et néo-renaissance (ouvertures, décors intérieurs). Les ornements en terre cuite, signés par la fabrique Virebent, et les vitraux de Saint-Blancat enrichissent l’édifice, tandis qu’un parc paysager de 15 hectares, agrémenté de fabriques et d’essences rares, est aménagé à partir de 1883.

Le château, inscrit aux monuments historiques en 2004 avec son parc et ses annexes, illustre l’architecture aristocratique de la fin du XIXe siècle. En 2017, l’architecte suisse Sybille Thomke en devient propriétaire et y installe des chambres d’hôtes ainsi qu’un restaurant, tout en préservant son patrimoine historique. Les dépendances, comme la Maison du Boulanger (ancienne tour d’enceinte) ou le rucher-miellerie, témoignent de l’organisation domestique et agricole du domaine.

L’édifice, de plan rectangulaire, est flanqué de tours d’angle aux styles variés (poivrière, beffroi urbain) et orné de décors intérieurs néo-renaissance (boiseries, cheminées en céramique, tapisseries). Le parc, conçu à l’anglaise, descend vers un étang et intègre des éléments pittoresques comme une grotte artificielle, un obélisque et un relais de chasse. Les matériaux locaux (moellons calcaires, enduit) côtoient des innovations techniques, comme un réservoir en béton dans la tour nord-ouest.

Historiquement, le domaine était dédié à l’agriculture (blé, orge, avoine, vigne à 15 % au XVIIIe siècle) et à la justice seigneuriale, exercée par les De Saint-Georges sur les hameaux environnants. Les archives mentionnent en 1712 un château « à quatre tours avec toutes marques seigneuriales », entouré de murailles et incluant une chapelle. Les transformations du XIXe siècle, financées à hauteur de 66 000 francs, effacent partiellement ces traces médiévales pour adopter un style troubadour, caractéristique des résidences aristocratiques de l’époque.

Liens externes

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