Frise chronologique
1040
Première mention écrite
Première mention écrite
1040 (≈ 1040)
Archives citant le château sous les Bermond.
1248
Cession à Louis IX
Cession à Louis IX
1248 (≈ 1248)
Échange contre le château du Caylar.
1349
Halte de Philippe VI
Halte de Philippe VI
1349 (≈ 1349)
Nuit passée au château.
1422
Prise par Charles VII
Prise par Charles VII
1422 (≈ 1422)
Fin du siège pendant la guerre de Cent Ans.
1573 et 1575
Sièges des guerres de Religion
Sièges des guerres de Religion
1573 et 1575 (≈ 1575)
Château passe entre protestants et catholiques.
1685
Révocation de l'édit de Nantes
Révocation de l'édit de Nantes
1685 (≈ 1685)
Sommières devient centre de répression anti-protestante.
1809
Vente et démembrement
Vente et démembrement
1809 (≈ 1809)
Ruines occupées par des habitants.
1926
Classement du donjon
Classement du donjon
1926 (≈ 1926)
Inscription monument historique.
2010
Inscription du château
Inscription du château
2010 (≈ 2010)
Protection de l’ensemble (sauf propriétés privées).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château en totalité avec ses enceintes, y compris le sol ainsi que les enceintes, le sol et les façades et toitures de la partie privée du château (cad. AC 523 à 526, 548, 549, 585 ; AD 15) : inscription par arrêté du 8 septembre 2010
Personnages clés
| Louis IX - Roi de France |
Acquiert le château en 1248, en fait une forteresse royale. |
| Philippe VI - Roi de France |
Y fait halte en 1349. |
| Charles VII - Roi de France |
Prend le château en 1422. |
| Famille Bermond - Seigneurs d'Anduze et Sauve |
Constructeurs initiaux, mentionnés dès 1040. |
Origine et histoire
Le château de Sommières, situé dans le Gard en région Occitanie, trouve ses origines au Xe ou XIe siècle, bien que sa première mention écrite date de 1040. Construit par la famille Bermond, vassale des comtes de Toulouse, il devient une coseigneurie avant d’être cédé en 1248 à Louis IX, qui en fait une forteresse royale stratégique. Son importance tient à sa position dominant le pont Tibère, un ouvrage romain franchissant le Vidourle, et à son rôle dans la surveillance des voies de communication entre le Languedoc et les Cévennes.
Au Moyen Âge, le château est un enjeu militaire majeur : assiégé pendant la guerre de Cent Ans (pris en 1422 par Charles VII), puis lors des guerres de Religion (sièges de 1573 et 1575), où il change plusieurs fois de camp entre protestants et catholiques. Des prisons y sont aménagées pour enfermer des protestants, principalement des femmes, et les fortifications sont renforcées. Après la révocation de l’édit de Nantes, Sommières devient un centre de répression contre les huguenots, illustrant son rôle dans la politique royale de contrôle des territoires.
À partir du XVIIIe siècle, le château perd son importance stratégique et se transforme en casernement militaire et prison de droit commun. Vendue comme bien national en 1809, une partie de ses ruines est occupée par des habitants jusqu’au XIXe siècle, formant un quartier populaire. Au XXe siècle, des destructions partielles (comme la construction de réservoirs d’eau en 1936) et des restaurations successives (notamment depuis 2004) visent à préserver ses vestiges, dont la tour Bermond, classée monument historique dès 1926, et l’ensemble du site inscrit en 2010.
L’architecture du château reflète ses évolutions : la tour Bermond (XIIIe siècle), donjon en pierre bossagée de 25 mètres, domine le site avec ses meurtrières et créneaux. La chapelle castrale, dédiée au Saint-Sauveur par Louis IX, mêle styles roman et gothique, tandis que les remparts, partiellement dégradés, portent des traces des sièges subis. Les enceintes successives, comme celle de la Vignasse, et les tours (Montlaur, Bistoure) témoignent des adaptations militaires aux conflits, des guerres médiévales aux troubles religieux.
Les fossés, taillés dans la roche, et les systèmes défensifs (fausse braie, bastions) complètent un dispositif conçu pour résister aux assiégeants. Les casernes, construites ou réaménagées au XVIIIe siècle, abritaient garnison et prisonniers, tandis que des graffitis de détenus protestants (comme ceux évoquant la galère La Hardie) rappellent les persécutions post-révocation. Aujourd’hui, le site, propriété mixte (commune et privés), fait l’objet de restaurations pour valoriser ce patrimoine emblématique du Gard.