Origine et histoire du Château de Sourdéac
Le château de Sourdéac, situé à La Gacilly (commune déléguée de Glénac) dans le Morbihan, trouve ses origines à la fin du XIVe siècle avec un premier manoir appartenant à la famille de La Motte. Ce site, siège de la seigneurie de Sourdéac au Moyen Âge, passe par alliance à la famille de Rohan avant d’être vendu en 1531 à Jean V de Rieux. Ce dernier reconstruit l’édifice entre 1548 et 1550 sur les fondations du manoir médiéval, marquant ainsi le début de sa transformation architecturale majeure.
Au XVIe siècle, le château devient le théâtre d’affrontements, notamment en 1594 lors d’un combat entre les ligueurs du duc de Mercœur et Jean VI d’Aumont. Confisqué pendant la Révolution, il est vendu en 1796 à Julien Mathurin Eoche-Duval, une famille nantaise qui le conserve jusqu’au début du XXe siècle. Le site accueille alors des écrivains comme Paul Féval, qui y rédige plusieurs romans, et subit des restaurations au XIXe siècle, notamment sur sa façade et ses ouvertures.
L’architecture du château mêle schiste local et tuffeau, avec un corps de logis rectangulaire articulé autour d’une tourelle d’escalier octogonale, caractéristique du style Renaissance. Cette tourelle, inscrite aux monuments historiques en 1925, abrite un escalier en vis aux marches monolithes et des fenêtres à meneaux. À l’intérieur, quatre cheminées du XVIe siècle, en granite, schiste et calcaire, témoignent de l’opulence passée du lieu. Le domaine, initialement en forme de L avec des tours de service, perd une partie de ses ailes à la Révolution.
Au XXe siècle, le château change plusieurs fois de mains : vendu en 1907 à Victor Bellouard, puis en 1949 à Hervé de Cacqueray, dont la famille en est toujours propriétaire. Depuis 1989, il abrite un gîte rural et des chambres d’hôtes, tout en conservant des éléments historiques comme les lambris du XVIIIe siècle ajoutés au milieu du XXe siècle. La tourelle d’escalier, seul élément protégé, reste le symbole de son héritage architectural.
Les textes anciens mentionnent Sourdéac dès 1427 comme un « hébergement et manoir » appartenant à Guillaume de la Motte, puis en 1514 aux filles du seigneur de Rieux. En 1666, le domaine inclut des métairies, des moulins et des prairies, reflétant son importance économique. Les campagnes de construction, notamment celle de 1548 initiée par Jean de Rieux et son épouse Béatrix de Jonchères, introduisent des influences architecturales angevines, comme l’entrée par la tour d’escalier, rare en Bretagne.
Les modifications ultérieures, comme la destruction de l’aile sud avant 1840 ou les réfections néo-gothiques du XIXe siècle, altèrent partiellement sa structure d’origine. Malgré ces transformations, le château de Sourdéac conserve des traces de son passé médiéval et renaissant, entre seigneurs bretons, conflits religieux et adaptations modernes.