Origine et histoire du Château de Sours
Le château de Sours, aussi appelé château de la Vallée ou de l’Aval, est un domaine du XVIIe siècle construit en 1653 par Philippe de Montigny, gouverneur de Dieppe, sur les fondations d’un édifice médiéval du XIIIe siècle. Ce premier château, dont subsistent des voûtes trapues, aurait pu accueillir les négociations du traité de Brétigny en 1360 entre la France et l’Angleterre. Les archives manquent pour confirmer son lien avec la famille de Laval, bien que son nom puisse en témoigner. Le site, transformé en domaine de chasse et de pêche, reprend le modèle architectural du château de Montigny dans l’Yonne, propriété du même seigneur.
Au XVIIIe siècle, le château, hérité par Guillaume de Montigny, conserve son usage cynégétique tout en abritant un salon richement boisé, probablement aménagé par des artisans locaux sous la Révolution. Le parc, divisé en parties publique et privée, abrite une faune diversifiée et des systèmes hydrauliques alimentant un étang appelé « le Canal ». En 1987, ses façades, toitures et boiseries intérieures sont classées Monuments historiques. Le domaine, vendu dans les années 1990 à un particulier, reste partiellement exploité comme ferme céréalière, tandis que son parc public accueille des événements locaux.
Le château est associé à des légendes templières, évoquant des souterrains reliant la commanderie de Sours à la cathédrale de Chartres, bien qu’aucune preuve archéologique ne les confirme. Son parc, organisé en allées étoilées autour d’une clairière centrale (« la Lune »), a servi de cadre à des fêtes révolutionnaires dans les années 1980. Aujourd’hui, il se visite de juin à septembre, mêlant patrimoine architectural, nature préservée et traces d’une histoire mouvementée, des guerres médiévales à la Révolution française.
Les propriétaires successifs, comme le Marquis de Rozières au XXe siècle, ont marqué son histoire, tandis que la commune de Sours gère désormais l’entretien du parc public. La partie privée, laissée à l’état sauvage, contraste avec les espaces aménagés, où pelouses, étangs et forêts abritent une biodiversité remarquable. Les cartes postales éditées entre 1918 et 1938 attestent de son attrait touristique précoce, entre mémoire historique et cadre de vie rural.