Origine et histoire du Château de Souys
Le château de Souys, situé sur la commune de Saint-Menoux (Allier), se trouve au fond d'une cour d'honneur à environ deux kilomètres au nord-est du bourg. Bâti au XVIIe siècle, il présente un plan très symétrique : un corps de bâtiment flanqué de deux ailes formant avant-corps sur chaque façade. Chaque partie est couverte d'une toiture en ardoise, indépendante et en pavillon, et les façades sont animées par des chaînes d'angles en gros bossage à fort relief. L'élévation se compose d'un rez-de-chaussée, d'un étage carré et d'un étage de comble à travées régulières. L'accès occidental à la cour se fait par un grand portail en plein cintre encadré d'une ordonnance ionique traitée en bossages ; de part et d'autre de l'entrée s'élèvent deux pavillons dans le style du château. Le pavillon de gauche abrite la loge du gardien et des dépendances ; celui de droite contient une chapelle en rotonde, couverte d'une coupole retombant sur une ordonnance classique et dotée à l'origine d'un dallage blanc et noir, d'un autel peint et doré à colonnes ioniques, d'un tabernacle et de gradins. Le tableau d'autel et les vitraux de la chapelle ont cependant disparu. À l'est de la chapelle s'étendent les communs et la basse-cour fermée, comprenant granges-étables, four à pain, pièce d'eau, le logis des fermiers et un cabinet d'angle ; l'une des granges présente un comble brisé. Toutes les toitures sont en ardoise, à l'exception des toitures des bâtiments agricoles. Le grand salon du premier étage, ou galerie, était remarquable et renfermait une série de cinq tapisseries de la Manufacture royale de Beauvais, signées Behaeghe, représentant notamment des sujets mythologiques comme le Repos de Diane, l'Enlèvement d'Europe et le Sommeil d'Endymion. Le logis a été modifié à l'ouest par l'architecte Jean-Bélisaire Moreau en 1872. Les façades, les toitures et le grand portail ont été inscrits au titre des monuments historiques en 1952.
La propriété apparaît dès 1375 sous le nom de « grange de Soye », puis « Souye », et reste pendant près de deux siècles entre les mains de la famille Gaudon. Pierre Gaudon fait édifier l'actuel château en 1655-1656, puis la seigneurie passe, après plusieurs transmissions, à Jacques Faverot en 1692. La tradition attribue les plans du château à Jules Hardouin-Mansart et a associé le lieu à Madame de Montespan ; cette attribution et ces récits restent l'objet de traditions familiales : Madame de Montespan est assurément reçue à Souys en mai 1700 lors d'un déplacement vers les eaux de Bourbon-l'Archambault, tandis qu'un séjour évoqué en 1668 n'est pas vérifié. Aux XVIIIe et XIXe siècles, la propriété change de mains entre plusieurs familles notables, dont les Amyot puis Madame de Serre de Saint-Roman, et elle traverse la période révolutionnaire en étant saisie puis restituée. En 1849, le domaine est acquis par Madame Baraudon et son gendre Léonce Thomas ; la famille Thomas conservera Souys comme résidence secondaire pendant plusieurs générations et y fera réaliser des travaux et des aménagements. Après la Seconde Guerre mondiale, la propriété est vendue puis cédée à la municipalité de Bobigny qui en fait un lieu de vacances pour enfants.