Frise chronologique
1375
Première mention du domaine
Première mention du domaine
1375 (≈ 1375)
Grange de Soye citée comme bien commun.
1655-1656
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1655-1656 (≈ 1656)
Édifié par Pierre Gaudon sur plans attribués à Mansart.
1692
Vente à Jacques Faverot
Vente à Jacques Faverot
1692 (≈ 1692)
Passage aux mains d’un capitaine au régiment d’Auvergne.
1700
Séjour de Madame de Montespan
Séjour de Madame de Montespan
1700 (≈ 1700)
Arrêt confirmé lors de sa cure à Bourbon-l’Archambault.
1872
Rénovation par Moreau
Rénovation par Moreau
1872 (≈ 1872)
Modification du logis ouest par l’architecte moulinois.
1952
Classement partiel MH
Classement partiel MH
1952 (≈ 1952)
Inscription des façades, toitures et portail.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; grand portail : inscription par arrêté du 5 juin 1952
Personnages clés
| Pierre Gaudon - Seigneur de Souys et commanditaire |
Fait construire le château vers 1655-1656. |
| Madame de Montespan - Favorite de Louis XIV |
A séjourné au château en 1700. |
| Jacques Faverot - Propriétaire en 1692 |
Reçoit Montespan lors de ses passages. |
| Jean-Bélisaire Moreau - Architecte restaurateur |
Modifie le logis en 1872. |
| Famille Thomas - Propriétaires bourgeois (1849-1948) |
Transforment le château en résidence secondaire. |
Origine et histoire
Le château de Souys, situé à Saint-Menoux dans l’Allier, est édifié au 3e quart du XVIIe siècle (vers 1655-1656) par Pierre Gaudon, écuyer et gentilhomme du roi, sur des terres détenues par sa famille depuis 1375. Le bâtiment, attribué par la tradition à Jules Hardouin-Mansart, remplace un ancien domaine (« Vieux Souys ») et se distingue par son plan symétrique, ses ailes en avant-corps et ses toitures en ardoise. La cour d’honneur, accessible par un portail ionique, abrite une chapelle rotonde aux décors baroques (autel doré, coupole) et une loge de gardien. À l’est, la basse-cour regroupe communs, granges, four à pain et logis de fermiers, témoignant de son rôle agricole et résidentiel.
La légende associe le château à Madame de Montespan, favorite de Louis XIV, qui y aurait séjourné en 1700 (et peut-être en 1668) lors de ses cures à Bourbon-l’Archambault. Bien que construit pour les Gaudon, le domaine passe en 1692 à Jacques Faverot, puis à des familles nobles comme les Amyot (1720-1775) et les Saint-Roman, qui le préservent malgré la Révolution. Au XIXe siècle, il devient la propriété de la famille bourgeoise Thomas, qui le transforme en résidence secondaire et modernise le logis en 1872 via l’architecte Jean-Bélisaire Moreau, collaborateur de Viollet-le-Duc. Le château, partiellement classé en 1952, abrite alors des tapisseries royales de Beauvais (aujourd’hui disparues).
Vendu en 1948 à la ville de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le château de Souys sert désormais de centre de vacances pour enfants, marquant son passage d’un domaine seigneurial à un patrimoine collectif. Son architecture, mêlant classicisme et éléments baroques (bossages, chapiteaux ioniques), reflète les influences de Mansart, tandis que son histoire croisée avec des figures comme Montespan ou les Thomas illustre son rôle social et culturel à travers les siècles. Les communs, la chapelle et le grand portail (inscrits MH) rappellent son double usage : résidence aristocratique et exploitation agricole.
Les sources mentionnent aussi des modifications intérieures au XIXe siècle, dont la disparition des tapisseries d’argent représentant des scènes mythologiques (Diane, Endymion), ainsi que des vitraux et un tableau d’autel de la chapelle. Le domaine, réduit à 200 hectares en 1849, s’étendait autrefois sur 700 hectares sous les Amyot. La famille Thomas, industrielle et ingénieure, y organise des séjours familiaux jusqu’en 1945, avant sa cession à une municipalité francilienne, scellant son destin contemporain.