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Frise chronologique
1173
Construction du château fort
Construction du château fort
1173 (≈ 1173)
Bâti par Bertrand Ier des Baux pour Tiburge II d’Orange.
1392
Héritage de Marguerite des Baux
Héritage de Marguerite des Baux
1392 (≈ 1392)
Le village prend le nom « Suze-la-Rousse ».
1564
Visite de Charles IX
Visite de Charles IX
1564 (≈ 1564)
Le roi joue au jeu de paume lors de son séjour.
XVe–XVIe siècles
Transformation en demeure Renaissance
Transformation en demeure Renaissance
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Ajout de la cour d’honneur et du jeu de paume.
1797
Fin des La Baume-Suze
Fin des La Baume-Suze
1797 (≈ 1797)
Héritage passe aux Isnards par mariage.
1964
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1964 (≈ 1964)
Château et parc protégés par arrêté.
1978
Installation de l’Université du vin
Installation de l’Université du vin
1978 (≈ 1978)
Ouverture dans les anciennes écuries et étages.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château et son parc, le tout figurant au cadastre : lieu-dit "Le Village" parcelles n° 607, 608, 609, 610, 611, 612 de la section H, lieu-dit "Bourg" parcelle n° 274 section I, lieu-dit "La Garenne" parcelles n° 275, 276, 277, 278, 278 bis, 279 section I : classement par arrêté du 27 février 1964
Personnages clés
| Bertrand Ier des Baux - Seigneur et bâtisseur |
Fonde le château fort en 1173 pour Tiburge II. |
| Marguerite des Baux (la Rousse) - Dame de Suze (1392) |
Donne son nom au village et au château. |
| François de La Baume-Suze - Gouverneur de Provence (XVIe) |
Transforme le château en résidence Renaissance. |
| Charles IX - Roi de France |
Joue au jeu de paume en 1564. |
| Aldonce-Julie de La Baume-Suze - Dernière héritière directe |
Transmet le château aux Isnards en 1797. |
| Éliane Isnards - Dernière descendante (XXe) |
Lègue le château en 1958 à une fondation. |
Origine et histoire
Le château de Suze-la-Rousse trouve ses origines au XIe siècle comme château fort féodal, avant d’être profondément remanié aux XVIe siècle sous l’influence Renaissance. Construit à flanc de colline sur un site occupé dès l’époque gallo-romaine, il fut initialement érigé par Bertrand Ier des Baux en 1173 comme place forte militaire, dotée de remparts, douves et pont-levis. Le château domine alors 1 600 hectares de vignobles, dans une région dédiée à la viticulture depuis des siècles.
En 1392, Marguerite des Baux (dite « la Rousse »), nièce de l’évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, hérite du village et du château, lui donnant probablement son nom actuel, inspiré par la teinte ocre des pierres locales. Au XVe siècle, la seigneurie passe à la famille La Baume-Suze par le mariage d’Antoinette de Saluces avec Louis de La Baume en 1426. Ce lignage marque un tournant : au XVIe siècle, François de La Baume-Suze, gouverneur de Provence, transforme la forteresse en résidence de plaisance, ajoutant une cour Renaissance, un jeu de paume (où joua Charles IX en 1564), et des décors somptueux.
Les XVIIe et XVIIIe siècles voient l’apogée artistique du château, avec l’ajout d’un escalier monumental, d’une chapelle Saint-Michel, et de salons ornés de gypseries. Pillé pendant la Révolution, il est restauré au XIXe siècle par les Isnards-Suze, puis légué en 1958 à la fondation des Orphelins Apprentis d’Auteuil. Classé monument historique en 1964, il est acquis par le conseil départemental de la Drôme, qui y installe en 1978 l’Université du vin, tout en préservant ses jardins remarquables (roseraie, cépage) et sa cour d’honneur, utilisée pour des concerts.
Aujourd’hui, le château allie patrimoine architectural et viticole : ses 23 hectares de parc, ses salles historiques (cuisine médiévale, salle du jeu de paume) et son université en font un lieu culturel majeur. La cour Renaissance, réputée pour son acoustique exceptionnelle, accueille régulièrement des spectacles, tandis que les anciennes écuries abritent des formations œnologiques. Son histoire, liée aux princes d’Orange, aux guerres de Religion et à la viticulture, en fait un symbole de la Drôme provençale.
L’édifice conserve des éléments défensifs médiévaux (douves, créneaux) contrastant avec ses façades Renaissance. La chapelle Saint-Michel, ancienne nécropole seigneuriale, et le puits de 34 mètres rappellent son passé féodal. Le château illustre ainsi l’évolution des forteresses en résidences aristocratiques, tout en restant ancré dans son terroir viticole, comme en témoigne son université dédiée au vin depuis près de 50 ans.