Frise chronologique
1137
Noces de Louis VII et Aliénor d'Aquitaine
Noces de Louis VII et Aliénor d'Aquitaine
1137 (≈ 1137)
Nuit de noces au château
1179
Prise par Richard Cœur de Lion
Prise par Richard Cœur de Lion
1179 (≈ 1179)
Forteresse prise en trois jours
1242
Bataille de Taillebourg
Bataille de Taillebourg
1242 (≈ 1242)
Affrontement entre Saint Louis et Henri III
1423
Reconstruction par Henri de Pluqualec
Reconstruction par Henri de Pluqualec
1423 (≈ 1423)
Forteresse rebâtie après destruction.
après 1423
Rebâtissement par Henri de Pluqualec
Rebâtissement par Henri de Pluqualec
après 1423 (≈ 1423)
Reconstruction de la forteresse
1501
Mariage de Louise de Coëtivy et Charles de La Trémoille
Mariage de Louise de Coëtivy et Charles de La Trémoille
1501 (≈ 1501)
Château entre aux mains des La Trémoille
1652
Destruction pendant la Fronde
Destruction pendant la Fronde
1652 (≈ 1652)
Château pris et détruit
1714-1739
Reconstruction par Frédéric-Guillaume de La Trémoille
Reconstruction par Frédéric-Guillaume de La Trémoille
1714-1739 (≈ 1727)
Transformation en résidence majestueuse
1732
Fonte de la cloche du château
Fonte de la cloche du château
1732 (≈ 1732)
Inscription dédiée aux La Trémoille
1822
Incendie final
Incendie final
1822 (≈ 1822)
Destruction définitive des bâtiments
1991
Inscription des vestiges
Inscription des vestiges
1991 (≈ 1991)
Protection partielle du site
1991 et 1995
Classements monuments historiques
Classements monuments historiques
1991 et 1995 (≈ 1995)
Protection des vestiges et fortifications.
1995
Classement des fortifications
Classement des fortifications
1995 (≈ 1995)
Protection totale des remparts
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des deux bâtiments des communs du XVIIIe siècle (cad. D 214, 217, 221, 223) ; pavillon d'entrée (cad. D 214) ; vestiges du château (cad. D 264) ; sol de la parcelle D 219 : inscription par arrêté du 8 mars 1991. Fortifications en totalité, comprenant : les murs de soutènement et fossés avec les ponts ; les sols des deux esplanades nord et sud et des deux terrasses à l'est pouvant recéler des vestiges de bâtiments, avec le parc (cad. D 214 à 217, 220 à 223, 260, 261, 263, 264, 266, 383, 395, 489, 513, 514 ; C 735) ; tour médiévale (cad. D 264) salles voûtées souterraines correspondant à la parcelle D 264 : classement par arrêté du 10 mars 1995
Personnages clés
| Louis VII - Roi de France |
Y célébra ses noces en 1137 |
| Aliénor d'Aquitaine - Duchesse d'Aquitaine |
Épouse de Louis VII, noces au château |
| Richard Cœur de Lion - Duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre |
Prit la forteresse en 1179 |
| Saint Louis (Louis IX) - Roi de France |
Combattit à Taillebourg en 1242 |
| Marguerite de Valois - Fille illégitime de Charles VI |
Grandit au château. |
| Henri de Pluqualec - Seigneur et reconstructeur |
Rebâtit la forteresse après 1423 |
| Louise de Coëtivy - Héritière du château |
L'apporta en dot aux La Trémoille |
| Frédéric-Guillaume de La Trémoille - Duc de Talmont et reconstructeur |
Entreprit des travaux au XVIIIe siècle |
| Anne de Bouillon - Épouse de Frédéric-Guillaume |
Commanditaire de la cloche en 1732 |
| André Le Nôtre - Jardinier-paysagiste |
Conçut les jardins en 1714 |
| Charles de La Trémoille - Comte de Taillebourg |
Propriétaire à partir de 1501 |
| Henri IV - Roi de France |
Admirait la terrasse du château |
Origine et histoire
Le château de Taillebourg, situé en Charente-Maritime, est une ancienne forteresse médiévale dont les origines remontent au moins au XIIe siècle. Ses ruines, classées aux monuments historiques, témoignent d’une histoire mouvementée, marquée par des sièges, des reconstructions et des destructions successives. Le site, stratégique sur les bords de la Charente, fut tour à tour place forte militaire, résidence seigneuriale et symbole de pouvoir pour les familles nobles qui s’y succédèrent, comme les La Trémoille ou les Coëtivy.
En 1137, le château aurait abrité la nuit de noces de Louis VII, alors futur roi de France, et d’Aliénor d’Aquitaine, un événement marquant pour la région. Quelques décennies plus tard, en 1179, Richard Cœur de Lion s’en empare en trois jours, défiant sa réputation d’imprenable. Le site est aussi le théâtre de la bataille de Taillebourg en 1242, opposant Saint Louis à Henri III. Au XVe siècle, la forteresse est rebâtie par Henri de Pluqualec, puis devient la résidence des Coëtivy, avant de passer par mariage aux La Trémoille en 1501. Ces derniers, comtes de Taillebourg, y mènent une vie fastueuse jusqu’à sa destruction partielle pendant la Fronde en 1652.
Au XVIIIe siècle, Frédéric-Guillaume de La Trémoille entreprend une reconstruction ambitieuse, transformant le château en une demeure majestueuse en forme de « U », flanquée de pavillons et de jardins à la française dessinés par Le Nôtre. Une cloche, fondée en 1732 et ornée d’une inscription dédiée au couple ducale, symbolise cette période faste. Cependant, la Révolution française marque un tournant : le château, vendu comme bien national, est progressivement abandonné. Un incendie en 1822 achève de le détruire, ne laissant que des vestiges comme la tour médiévale, les terrasses et les caves du XVe siècle.
Les jardins, autrefois admirés pour leur belvédère sur la Charente — que Henri IV qualifiait de « plus belle terrasse de son royaume » —, complétaient ce domaine exceptionnel. Aujourd’hui, les ruines classées (fortifications en 1995, vestiges inscrits en 1991) et les dépendances du XVIIIe siècle, devenues des résidences privées, rappellent ce passé prestigieux. Le site reste accessible aux visiteurs, offrant un panorama sur l’histoire militaire, architecturale et paysagère de la Saintonge.
Les archives de la famille de La Trémoille, ainsi que des sources comme les ouvrages de Philippe Prévôt ou les éditions Patrimoine et Médias, documentent cette histoire riche. Des éléments comme la cloche, aujourd’hui à l’église de Messac, ou les allées de tilleuls menant à la terrasse, perpétuent la mémoire de ce château, autrefois cœur politique et culturel de la région.