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Château de Talhouët à Pluherlin dans le Morbihan

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de Talhouët

    Talhouët
    56220 Pluherlin
Propriété d'une société privée

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1580-1582
Construction du logis en L
1647
Agrandissement du corps de logis
Début XVIIe siècle
Édification de la chapelle
Années 1850
Travaux de la comtesse de Danne
1990
Transformation en chambres d’hôtes
Fin XIXe siècle
Destruction du manoir médiéval
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château, à savoir le logis, la chapelle, les façades et toitures des communs, les jardins en terrasses avec leurs murets et structures maçonnées, les murs de clôture du domaine (cad. E 690, 114, 116) : inscription par arrêté du 29 septembre 2000

Personnages clés

Alain du Bot - Commanditaire du logis (XVIe siècle) Écuyer, mari de Briande de la Chapelle.
Briande de la Chapelle - Co-commanditaire du logis Épouse d’Alain du Bot, arms visibles.
Comtesse de Danne - Propriétaire au XIXe siècle Responsable des travaux de 1850.
Isabeau de Talhouët - Héritière médiévale Transmet le domaine aux du Bot.

Origine et histoire

Le château de Talhouët trouve ses origines à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle, avec un premier manoir édifié par la famille de Talhouët. Ce domaine, transmis par mariage à la famille du Bot, est remplacé entre 1580 et 1582 par un nouveau logis en forme de « L », de style gothique, commandité par Alain du Bot et son épouse Briande de la Chapelle. Une inscription et leurs armoiries, visibles sur la façade, attestent de leur rôle dans cette construction. La chapelle Saint-Jean, dédiée au culte et de style Renaissance, est ajoutée au début du XVIIe siècle, tandis qu’une extension du corps de logis vers l’est est réalisée en 1647.

Au fil des siècles, le château change de mains, passant entre les familles Rado de Courson, Huchet de La Bédoyère, Juchault de Lorme et Quénétain. À la Restauration, en 1814, la comtesse de Danne en devient propriétaire et entreprend d’importants travaux dans les années 1850 : agrandissement vers l’ouest avec un pavillon-jardin d’hiver, modernisation des décors intérieurs (boiseries, plafonds à la française), et destruction partielle des vestiges médiévaux. Malgré un projet inachevé de symétrie architecturale, ces modifications marquent une adaptation aux goûts du XIXe siècle.

Le domaine, inscrit aux monuments historiques en 2000 pour son logis, sa chapelle, ses communs et ses jardins en terrasses, conserve des éléments remarquables des XVIe, XVIIe et XIXe siècles. Parmi eux, une porte monumentale en granit, un escalier de pierre du XVIIe siècle, et des plafonds peints vers 1860. Vendu en 1989, il est depuis 1990 dédié à l’accueil touristique sous forme de chambres d’hôtes, perpétuant ainsi son ancrage dans le patrimoine local.

La chapelle, de plan rectangulaire (11 × 7 m), se distingue par son chevet à pans coupés en pierre de taille, son mur-pignon percé d’une porte en plein cintre, et un lambris en berceau orné de blasons familiaux (Rohan, Talhouët, du Bot, Huchet). Deux confessionnaux du XVIIIe siècle et un bénitier ancien complètent son mobilier. Les dépendances, organisées en U, incluent écuries, grange, citerne et un bassin circulaire dans les anciens jardins, témoignant de l’organisation seigneuriale d’Ancien Régime.

Le site, situé à 2,7 km au nord-ouest de Pluherlin, illustre l’évolution architecturale bretonne, des manoirs médiévaux aux résidences aristocratiques remaniées. Son histoire reflète aussi les alliances matrimoniales et les transmissions successorales qui ont façonné le patrimoine rural de la région, entre pouvoir seigneurial et adaptations aux époques modernes.

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