Origine et histoire du Château de Talmay
Le château de Talmay se compose de deux ensembles distincts : un donjon gothique du XIIIe siècle (1250–1274), construit par Guillaume II de Champlitte-Pontailler après un conflit avec l’abbaye de Bèze arbitré par le pape Innocent IV. Ce donjon carré de 12 mètres de côté, haut de 54 mètres, conserve des éléments défensifs originaux (bretèches, fenêtres à meneaux, latrines) et une toiture en ardoise surmontée d’un clocheton ajouté au XVIIe siècle.
Le château moderne, érigé entre 1761 et 1764 sous la direction de l’architecte Claude-Louis d’Aviler pour Pierre II Fijan, adopte un plan en U de style classique. Ses façades en pierre jaune, rythmé par des fenêtres à la française et des lucarnes, s’organisent autour d’un corps central à fronton sculpté. L’entrée arrière donne sur une terrasse menant à un jardin à la française, reconstitué au XXe siècle d’après des archives, et un parc de sept hectares structuré par des bras de la Vingeanne.
Les dépendances, construites dans le même style classique, incluent une écurie, une orangerie, un moulin et une glacière. Le parc, aménagé en 1753, mêle un jardin à la française (restauré après une transformation en jardin anglais au XXe siècle), un verger de 280 arbres fruitiers, un labyrinthe de buis et un arrondi de huit platanes plantés en 1752. Le domaine, classé Monument Historique en 1993, a obtenu le label Jardin remarquable en 2004.
L’histoire du château est marquée par quelques familles propriétaires depuis le XIIIe siècle. Guillaume II de Champlitte-Pontailler en pose les bases au Moyen Âge. Au XVIIe siècle, la seigneurie passe aux Marmier, puis aux Fijan (1692–1791), qui transforment radicalement le site : Pierre II Fijan préserve le donjon tout en y adossant le nouveau logis. Au XIXe siècle, les Thénard (propriétaires de 1847 au XXe siècle) et leurs descendants, les Bordeaux-Montrieux, restaurent le jardin d’origine.
Parmi les événements marquants, le château est assiégé en 1616 par des Comtois mécontents du ralliement de Cléradius de Marmier à la monarchie française, puis épargné en 1636 lors du pillage du village par l’armée de Matthias Gallas. Au XVIIIe siècle, les conflits avec les habitants de Talmay (notamment sous Pierre Ier Fijan) illustrent les tensions seigneuriales. La révolution française n’affecte pas directement le domaine, qui reste dans la même lignée familiale jusqu’à aujourd’hui.