Patrimoine classé
Le château, le "petit château", les communs et la chapelle Saint-Emilian, en totalité ; les douves et les ponts dormants ; la cour verte et les murs qui l'encadrent ; le parc et les éléments qu'il contient : le canal et la "perspective", les ponts, le moulin, le portail d'entrée ; tous les murs de clôture (cad. AB 16, 18, 20 à 25, 28, 29, 568, 569, 572, 628 ; B 286 à 293, 295, 297, 299 à 306, 487) : classement par arrêté du 20 décembre 1994
Personnages clés
| Louise de Montmorency - Propriétaire et initiatrice |
Achete Tanlay en 1535, lance la Renaissance. |
| François de Coligny d'Andelot - Constructeur du grand château |
Dirige les travaux de 1550 à 1568. |
| Gaspard de Coligny - Amiral et chef protestant |
Finance le château, y réunit les huguenots. |
| Jacques Chabot - Gendre de Coligny, continuateur |
Achève la Tour de la Ligue vers 1610. |
| Michel Particelli d'Émery - Propriétaire et mécène |
Confie les travaux finaux à Le Muet. |
| Pierre Le Muet - Architecte du XVIIe siècle |
Unifie le château et aménage le parc. |
Origine et histoire du Château de Tanlay
Le château de Tanlay, situé dans l’Yonne en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au XIe siècle avec les sires de Courtenay, qui en firent une forteresse stratégique. Aux XIIIe et XIVe siècles, la terre de Tanlay appartient à la Maison capétienne de Courtenay, puis passe par héritage et alliances aux familles de Chamigny et Beaujeu-Montcoquier. En 1535, Catherine de Beaujeu-Montcoquier vend Tanlay à Louise de Montmorency, sœur du connétable Anne de Montmorency, marquant le début de sa transformation en château Renaissance.
À partir de 1550, François de Coligny d’Andelot, fils de Louise, entreprend la construction du grand château avec l’aide financière de son frère, l’amiral Gaspard de Coligny. Le site devient un lieu de réunion pour les chefs protestants pendant les guerres de Religion. À la mort de François en 1569, son gendre Jacques Chabot achève les travaux, incluant la Tour de la Ligue et la Tour Coligny, symboles des tensions religieuses de l’époque.
En 1642, Michel Particelli d’Émery, proche de Mazarin, acquiert Tanlay et confie à l’architecte Pierre Le Muet l’achèvement des travaux selon un plan symétrique en U. Ce dernier modernise les façades, aménage les appartements, et crée des communs classiques ainsi qu’un parc avec canal et douves. Le château, érigé en marquisat en 1671, passe ensuite entre les mains des familles Phélypeaux et Thévenin, avant d’être classé monument historique en 1994.
Le château de Tanlay illustre l’évolution architecturale de la Renaissance française, avec des éléments italiens comme le nymphée, la Galerie des Césars et les pyramides du pont d’accès. Son histoire est intimement liée aux conflits religieux du XVIe siècle, notamment à travers la figure de l’amiral de Coligny, dont la salle de travail dans la Tour de la Ligue conserve des fresques pompéiennes évoquant son rôle naval.
Au XVIIe siècle, le château devient un exemple d’harmonie classique sous l’influence de Pierre Le Muet, qui unifie les bâtiments et le parc. Le grand canal de 530 mètres, alimenté par un nymphée Renaissance, et les expositions d’art contemporain organisées depuis 1998 dans les communs, témoignent de son rayonnement culturel durable. En 1963, il sert même de décor au film Angélique, marquise des anges.