Origine et histoire du Château de Tarascon
Le château de Tarascon, situé en bordure du Rhône à Tarascon (Bouches-du-Rhône), est un édifice emblématique du XVe siècle, alliant les styles gothique et Renaissance. Reconstruit sous l’impulsion de Louis II d’Anjou et achevé par son fils Louis III, il devient un lieu de prestige pour le roi René, qui y séjourne fréquemment et y organise fêtes et rencontres. Ce château, doté de défenses imposantes (45 mètres de haut, tours rondes et carrées), servait aussi de forteresse contrôlant la frontière politique du Rhône jusqu’en 1481.
Un premier château, probablement édifié par Roubaud II entre 994 et 1010, occupait déjà le site. Au XIIIe siècle, Charles d’Anjou, comte de Provence, l’occupe et le restaure partiellement. En 1368, Bertrand Du Guesclin, sous les ordres du duc Louis d’Anjou, assiège et prend Tarascon dans le cadre des ambitions françaises sur la Provence. La ville est reprise en 1370, mais le château actuel est reconstruit à partir de 1400 par Louis II d’Anjou, avec des travaux interrompus puis repris par Louis III (1428–1435).
Le roi René (1447–1449) apporte des modifications pour rendre le château plus habitable, comme l’ajout de son buste et de celui de la reine Jeanne de Laval dans la cour d’honneur. Le château, équipé d’artillerie au XVe siècle, perd son rôle stratégique après 1481 et sert de prison du XVIIIe siècle à 1926, accueillant notamment des marins ennemis. Les restaurations des XIXe et XXe siècles, menées par Henri Antoine Révoil et Jean Camille Formigé, redonnent au monument son aspect médiéval, notamment en rétablissant le crénelage.
Architecturalement, le château se divise en deux parties : la basse-cour, réservée aux communs et aux hommes d’armes, et le logis seigneurial, entouré de murs de 4 mètres d’épaisseur et de tours hautes de 45 mètres. La cour d’honneur, entourée de bâtiments à trois étages, abrite des escaliers à vis et des décors sculptés (chimères, aigles). Les chapelles superposées, situées dans la tour semi-circulaire, illustrent la dualité entre espace seigneurial et espace commun. Les graffitis des prisonniers, datant des XVIIe–XXe siècles, témoignent de son usage carcéral ultérieur.
Le château a inspiré des représentations artistiques, comme le dessin de Désiré Monnier en 1849, et a servi de décor cinématographique, doublure de la Bastille dans La Révolution française (1989). Classé Monument Historique dès 1840, il est aujourd’hui propriété de la commune de Tarascon et abrite un centre d’art dédié à René d’Anjou.