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Frise chronologique
Ier–VIe siècles
Occupation de la *villa Telianum*
Occupation de la *villa Telianum*
Ier–VIe siècles (≈ 650)
Site romain voisin avec église Saint-Silvestre.
Ier–VIe siècle
Occupation du *castrum* romain
Occupation du *castrum* romain
Ier–VIe siècle (≈ 650)
Villa Telianum et église Saint-Silvestre proches.
Xe–XIIe siècles
Réoccupation médiévale du *castrum*
Réoccupation médiévale du *castrum*
Xe–XIIe siècles (≈ 1250)
Lié aux vicomtes Aton puis à l’abbaye.
Xe–XIIe siècle
Réoccupation médiévale
Réoccupation médiévale
Xe–XIIe siècle (≈ 1250)
Site de Théliné réinvesti après l’Antiquité.
1608
Rénovations par Philippe de Bornier
Rénovations par Philippe de Bornier
1608 (≈ 1608)
Ajout porte Renaissance et pigeonnier.
1635
Autorisation de collection lapidaire
Autorisation de collection lapidaire
1635 (≈ 1635)
Simon de Bornier rassemble inscriptions latines.
1793
Dégâts révolutionnaires
Dégâts révolutionnaires
1793 (≈ 1793)
Destruction tourelle et porte fortifiée.
8 juin 1995
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
8 juin 1995 (≈ 1995)
Protection officielle du château et parc.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Corps de logis, pigeonnier (cad. G 250) et parc (cad. G 19) avec tout son mobilier ; façades et toitures des communs et de la serre (cad. G 251 à 253, 239) : inscription par arrêté du 8 juin 1995
Personnages clés
| Philippe de Bornier - Propriétaire au XVIIe siècle |
Ajoute porte Renaissance et pigeonnier. |
| Simon de Bornier - Collectionneur d’antiquités |
Rassemble stèles et milliaires en 1635. |
| Pierre Melchior d’Adhémar - Préfet et dernier propriétaire connu |
Décède au château en 1821. |
Origine et histoire
Le château de Teillan, situé à Aimargues dans le Gard (Occitanie), trouve ses origines dans un domaine appelé « Grand-Teillan », distinct du « Petit-Teillan » (devenu le mas de Praviel au XIXe siècle). Son histoire est liée à un castrum romain voisin, la villa Telianum (ou Théliné), occupée du Ier au VIe siècle, puis aux Xe–XIIe siècles, avec son église Saint-Silvestre située à 2 km au nord-est. Ce site, fouillé depuis les années 1990, révèle une occupation antique et médiévale précoce, antérieure à la construction du château actuel.
À partir du Xe siècle, Teillan appartint aux vicomtes Aton, comtes de Carcassonne et de Razès, avant de devenir une dépendance de l’abbaye de Psalmody jusqu’à la fin du XVIe siècle. En 1608, Philippe de Bornier, conseiller du roi, acquiert le domaine et y ajoute une porte Renaissance ainsi qu’un pigeonnier de 1 500 nids, daté vers 1600. Le château, lieu de culte protestant reconnu par l’édit de Nantes, passe ensuite à la famille d’Adhémar au XVIIIe siècle. Le préfet Pierre Melchior d’Adhémar y mourut en 1821.
Le parc du château, aménagé au XIXe siècle, abrite une collection lapidaire réunie au XVIIe siècle par Simon de Bornier (autorisation obtenue en 1635), incluant huit ou neuf bornes milliaires romaines probablement liées à la Voie Domitienne, des stèles antiques, une noria de 1609, et un mikveh. Le château, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1995, conserve des éléments architecturaux des XVIe–XVIIe siècles, comme des voûtes du XVe siècle au rez-de-chaussée et une porte à bossages du XVIIe. Les communs, transformés entre 1820 et 1875, encadrent une cour intérieure accessible par un passage voûté.
Pendant la Révolution, le château subit des dommages en 1793 (destruction d’une tourelle, reconstruite en 1873, et de la porte fortifiée Est). Au XIXe siècle, les façades, les couronnements et les communs furent remaniés, tandis que la noria, alimentée par un aqueduc souterrain relié au Vidourle, fonctionna jusqu’aux années 1920 pour irriguer les jardins. Une tradition orale évoque un souterrain reliant le château à l’abbaye de Psalmodie, bien que cela reste non confirmé.
Aujourd’hui propriété privée, le château se visite l’été et lors des Journées européennes du patrimoine. Son parc paysager, classé avec son mobilier (stèles, bornes, vestiges du XVIIe siècle), témoigne de la superposition des époques, depuis l’Antiquité romaine jusqu’aux aménagements des XVIIIe–XIXe siècles. Les études archéologiques, comme celles d’Hervé Petitot (1994) ou d’Arnaud de Cazenove (1980), soulignent son importance patrimoniale dans le Gard.