Origine et histoire du Château de Terrans
Le château de Terrans se situe dans l'ancienne commune de Terrans (Saône-et-Loire), rattachée à Pierre-de-Bresse en 1973, à environ 500 mètres à l'écart du village, vers la sortie ouest en direction de Charette-Varennes, le long de la départementale 73.
Le château et ses communs sont classés monument historique; les douves, la chapelle et la conciergerie ont été inscrites le 24 juin 1977. Propriété privée, le château ne se visite pas.
Le site est occupé par un château-fort dès le XIe siècle, et une léproserie ainsi qu'un prieuré bénédictin y auraient été fondés au Moyen Âge. Le village donna son nom à une famille dont Jean de Terrans fut conseiller du duc de Bourgogne Philippe le Bon en 1427, et un adage évoquait la « Reluisance de Terrans ». À la fin du XVe siècle, la terre passa à la famille de Chanteret; la dernière héritière, Catherine de Chanteret, apporta la seigneurie à Jean-François de Truchis lors de leur mariage en 1707, et leurs descendants possèdent encore le domaine. Leur fils Guillaume de Truchis fit appel à l'architecte Edme Verniquet pour reconstruire le château en 1765, comme l'atteste une plaque de cuivre conservée aux archives qui mentionne la pose de la première pierre le 31 mai 1765 sur des plans de Verniquet. La première pierre provenait des carrières de l'abbaye franc-comtoise; le gros-œuvre fut achevé en quelques mois et les aménagements confiés à des artisans locaux. La famille de Truchis possède par ailleurs les châteaux de Varennes et de Lays, à proximité immédiate, et la chanteuse Zazie est une Truchis de Varennes.
Une longue grille en fer forgé datée de 1776 sépare le château de la route; elle est interrompue en son centre par une porte cochère dont les piliers, ornés de tableaux encadrant des guirlandes et surmontés de vases, donnent accès à la cour d'honneur. Les communs qui encadrent la cour présentent au rez-de-chaussée des arcades en anse de panier séparées par des jambes en bossage. Le château, de plan rectangulaire, comporte un étage de comble éclairé par des œils-de-bœuf percés à la base de la haute toiture à croupes. La façade centrale est marquée par un avant-corps d'une travée délimité par deux jambes en bossage; au rez-de-chaussée, une porte en plein cintre précédée d'un degré flanqué de deux lions portant des écussons est surmontée d'une guirlande, et à l'étage une porte-fenêtre ouvre sur un large balcon en fer forgé à consoles. L'ensemble est couronné par un fronton sculpté de cartouches armoriés; les chaînages d'angle sont harpés et un bandeau marque le niveau du sol de l'étage carré. Les appartements s'organisent autour d'un vestibule central, séparé par une arcade en anse de panier d'un escalier tournant doté d'une belle rampe en fer forgé. Le grand salon du premier étage est décoré de trophées militaires et d'ovales en bas-relief représentant les saisons au-dessus des portes. Les deux corps de logis des écuries et des communs, construits après 1766, ferment symétriquement la cour d'honneur; décorés de vases et de statues et reliés au château par des murs bas, ils se referment par une grille ornée de courbes et contre-courbes et un portail d'entrée décoré de guirlandes et de vases.
Les armes de la maison de Truchis représentent un casque de profil orné de panaches et un lion brandissant une épée, au-dessus d'un écu d'azur chargé d'un pin d'or soutenu par deux lions affrontés; la bannière porte la devise VIRTUTE ET VIRIBUS.
La bibliographie citée comprend notamment les travaux de Claude Courtépée (Description historique et topographique du duché de Bourgogne), du vicomte Albéric de Truchis de Varennes (Généalogie de la maison de Truchis), d'Henry Soulange-Bodin (Les Châteaux de Bourgogne) ainsi que des études et guides consacrés à Edme Verniquet et aux châteaux de Saône-et-Loire par Françoise Vignier, Jeanne Pronteau, Michel Gallet et Jenry Camus. Pour compléter la lecture, on peut consulter la liste des châteaux de Saône-et-Loire, la notice sur Terrans et les travaux sur la famille de Truchis.