Origine et histoire
Le château de Terraube, construit vers 1272 pour la famille de Galard, est un exemple emblématique des châteaux gascons. Ces édifices, peu fortifiés, se caractérisent par un corps rectangulaire flanqué de tours carrées, une épaisseur de murs marquée et des étages inférieurs initialement fermés. À l’origine, le château comprenait un noyau central avec deux tours aux angles nord-est et sud-ouest, typique de l’architecture seigneuriale locale, conçue davantage pour l’habitation que pour la défense.
Au fil des siècles, le château a subi des transformations majeures. En 1308, le roi Philippe le Bel autorisa le seigneur de Terraube à « remparer » la ville, dont les vestiges sont encore partiellement visibles. Le couronnement fut refait au XVe siècle avec des créneaux et des archères, chaque merlon étant surmonté d’un boulet de pierre. Les XVIe et XVIIe siècles virent l’ajout de communs (1690) et l’obtention du titre de marquis de Terraube par Jean-Louis de Galard en 1683, marquant l’apogée de l’influence familiale.
Les agrandissements se poursuivirent au XVIIIe siècle, avec des travaux menés par les maîtres maçons Guillaume Gras, Jacques Lapeyronie, Dominique Ducasse (à partir de 1768), puis Guillaume Aurio et Joseph Labarthe (vers 1773), qui ajoutèrent deux corps de logis. La Révolution française interrompit temporairement la possession familiale : le château, vendu comme bien national en 1790 à Jean-Marie Depis, fut racheté en 1816 par le vicomte de Galard Terraube. Depuis 1988, il est protégé au titre des monuments historiques pour ses façades, toitures, et éléments intérieurs remarquables.
Architecturalement, le château illustre l’évolution des châteaux gascons, passant d’une fonction défensive modeste — basée sur l’épaisseur des murs et l’herméticité des étages bas — à une résidence aristocratique. Les aménagements des XVIIe et XVIIIe siècles, comme l’ajout d’ailes classiques ou le réemploi d’éléments décoratifs (cheminée et porte de la salle de Ferrières), reflètent cette transition. Aujourd’hui, le château reste dans la descendance des Galard, témoignant d’une continuité seigneuriale rare en France.
Le site conserve également des traces des remparts autorisés par Philippe le Bel, ainsi que des éléments défensifs du XVe siècle, comme les créneaux et les boulets de pierre ornant les merlons. Ces détails, combinés aux protections monumentales actuelles, soulignent son importance patrimoniale dans la région Occitanie et son rôle dans l’histoire locale du Gers.