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Château de Théobon dans le Lot-et-Garonne

Lot-et-Garonne

Château de Théobon

    112 Theobon
    47120 Loubès-Bernac

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1327
Première mention écrite
XVIe siècle (fin)
Passage aux Rochefort
1684
Interdiction du culte protestant
1685
Conversion de Lydie de Rochefort
1725
Mariage avec Talleyrand-Périgord
1783
Vente à un capitaine d’Artois
1789–1799
Dégâts révolutionnaires
1924
Vente d’une cheminée
5 novembre 1962
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gaubert de Mayrac - Premier seigneur attesté Mentionné en 1327
Jean Ier de Rochefort - Baron protestant Défenseur de Castillon (1586)
Charles II de Rochefort - Marquis et frondeur Gouverneur de Sainte-Foy-la-Grande
Lydie de Rochefort-Théobon - Demoiselle d’honneur et maîtresse royale Liaison avec Louis XIV (1670–1672)
Charles Bordeaux de Rochefort - Dernier seigneur protestant Emprisonné à la Bastille
Daniel-Marie Anne de Talleyrand-Périgord - Acquéreur par mariage Transmission en 1725

Origine et histoire

Le château de Théobon est mentionné pour la première fois en 1327 comme propriété de Gaubert de Mayrac, seigneur des lieux. La seigneurie reste dans la famille Mayrac jusqu’au XVe siècle, avant de passer aux Ségur puis aux Pierre-Buffière par alliances matrimoniales. Le château fort d’origine, caractérisé par des fenêtres géminées et des ouvertures prismatiques, témoigne de son rôle défensif médiéval. Ses vestiges incluent des éléments du XIVe siècle encore visibles aujourd’hui.

À la fin du XVIe siècle, le domaine échoit aux Rochefort de Saint-Angel, famille protestante engagée dans les guerres de Religion. Jean Ier de Rochefort, baron de Théobon, participe activement aux conflits huguenots, notamment à la défense de Castillon (1586) et aux campagnes en Bourgogne sous le maréchal de Biron. Son fils, Charles II de Rochefort, marquis de Théobon, joue un rôle clé pendant la Fronde en Guyenne, oscillant entre rébellion et loyauté envers la couronne. Le château est profondément remanié au XVIIe siècle, perdant son caractère militaire pour devenir une résidence aristocratique.

La lignée des Rochefort marque l’histoire du château par ses alliances et ses conversions. Lydie de Rochefort-Théobon (1638–1708), fille de Jean II, devient demoiselle d’honneur de la reine Marie-Thérèse avant de devenir la maîtresse de Louis XIV. Sa conversion au catholicisme en 1685, dans le contexte de la révocation de l’édit de Nantes, illustre les tensions religieuses de l’époque. Le culte protestant, autrefois pratiqué dans l’enceinte, y est interdit en 1684. Le château passe ensuite aux Talleyrand-Périgord par mariage en 1725, avant d’être vendu en 1783 à un capitaine du régiment d’Artois.

La Révolution française altère profondément le château : les tours sont rasées, les métaux réquisitionnés, et des parties abandonnées aux XIXe et XXe siècles. Une cheminée remarquable, vendue en 1924, orne aujourd’hui un salon de l’université Harvard. Le monument, inscrit en 1962, conserve des traces de ses transformations : escalier à rampe en ferronnerie du XVIIe siècle, boiseries du XVIIIe, et peintures mythologiques (chute d’Icare, Phaéton) sur les plafonds.

Architecturalement, le château s’articule autour d’une cour rectangulaire, avec un corps de logis principal au sud et deux ailes en équerre. L’entrée, autrefois protégée par un pont-levis, s’ouvre sur un pavillon central. La façade mêle fenêtres médiévales et ouvertures classiques, reflétant les campagnes de construction successives. Une terrasse surélevée offre une vue dégagée, héritage de sa position stratégique sur un pech.

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