Origine et histoire du Château de Thil
Le château de Thil, situé à Vic-sous-Thil en Bourgogne-Franche-Comté, est attesté dès 1016 dans le cartulaire de Flavigny. Occupé jusqu’au XVIIe siècle, il a été profondément restauré au XXe siècle tout en conservant des vestiges permettant une étude architecturale. Classé monument historique en 1905, il se dresse à 481 m d’altitude, dominant les vallées du Serein et de l’Armançon. Face à lui, la collégiale de Thil marque l’autre extrémité de la butte, tandis que des traces de bâtiments disparus suggèrent un bourg ou des habitations de chanoines.
Les origines du château restent débattues : si certains évoquent un oppidum romain ou une occupation depuis le Bronze final, les recherches actuelles rejettent ces hypothèses faute de preuves. La première mention fiable remonte à Miles de Thil, fondateur d’un prieuré à Précy-sous-Thil en 1007. Au XIIIe et XIVe siècles, le château est lié à la famille de Thil, vassale des ducs de Bourgogne. En 1307, Guillaume de Thil le déclare jurable et rendable au duc. Vers 1340, Jean de Thil fonde la collégiale, et en 1366, le château est brièvement occupé par des écorcheurs avant d’être rendu contre une rançon de 3 500 francs.
À l’époque moderne, le château change fréquemment de mains : acquis par la famille de Sayve au XVIIe siècle, il est démantelé par Richelieu en 1640 et abandonné au profit du château du Brouillard. Les propriétaires successifs du XXe siècle, comme l’architecte Roger Guibert, entreprennent des restaurations controversées, menant à des fouilles archéologiques (1968, 1969, 1978). Depuis 2008, une fête médiévale annuelle anime les lieux, célébrant son patrimoine.
L’enceinte irrégulière (125 m x 70 m), flanquée de tours et percée de canonnières (XVe–XVIe siècles), abritait logis, chapelle et bâtiments agricoles. Le réduit seigneurial, incluant une tour de guet de 25 m et un cellier du XIIIe siècle, illustre l’évolution défensive du site. Les modifications contemporaines, bien que critiquées, ont permis sa conservation.
Les sources archéologiques confirment une occupation continue du XIe au XVIIe siècle, avec des phases de construction majeures aux XIIIe et XIVe siècles. Le site, étudié par des historiens comme Georges Thiery, reste un exemple clé de l’architecture castrale bourguignonne, mêlant fonctions militaires et résidentielles avant son déclin à l’époque moderne.