Frise chronologique
770
Première mention du *palacio publico*
Première mention du *palacio publico*
770 (≈ 770)
Domaine carolingien cité sous Charlemagne.
IXe siècle (1er quart)
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
IXe siècle (1er quart) (≈ 950)
Édifiée par Louis le Pieux, détruite en 939.
Xe–XIIe siècles
Domination luxembourgeoise
Domination luxembourgeoise
Xe–XIIe siècles (≈ 1250)
Construction du château fort et de la tour aux Puces.
XIVe siècle
Construction des tours jumelles
Construction des tours jumelles
XIVe siècle (≈ 1450)
Poterne entre château et ville.
1542–1543
Restauration des tours jumelles
Restauration des tours jumelles
1542–1543 (≈ 1543)
Modernisation des fortifications sous Adam de Volkrange.
1771
Percement de fenêtres
Percement de fenêtres
1771 (≈ 1771)
Modifications des tours jumelles au XVIIIe siècle.
1903
Dégagement de la tour aux Puces
Dégagement de la tour aux Puces
1903 (≈ 1903)
Démolition des fortifications environnantes.
1980
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1980 (≈ 1980)
Protection partielle des façades et du porche.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades des deux tours d'entrée, ainsi que porche qui les réunit (cad. 4 22, 72/22, 73/22) : inscription par arrêté du 27 mai 1980
Personnages clés
| Charlemagne - Empereur carolingien |
Séjournait au *palacio publico* de Thionville. |
| Louis le Pieux - Fils de Charlemagne |
Constructeur de la chapelle au IXe siècle. |
| Adam de Volkrange - Ingénieur militaire |
Dirigea les travaux de 1542–1543. |
Origine et histoire
Le château de Thionville, situé dans la commune du même nom en Moselle, trouve ses origines dans un domaine carolingien mentionné dès 770 sous le nom de palacio publico. Ce site, fréquenté par Charlemagne et ses successeurs, abritait une chapelle construite au IXe siècle par Louis le Pieux, inspirée de celle d’Aix-la-Chapelle, mais détruite en 939. Aucun vestige archéologique ne confirme aujourd’hui que la tour aux Puces, réputée carolingienne, en soit le dernier témoin. À partir du Xe siècle, Thionville passe sous domination luxembourgeoise, et les comtes y édifient un château fort dont la tour aux Puces, polygonale à 14 côtés (XIe–XIIe siècles), formait probablement le donjon.
L’enceinte du château, de 140 m sur 80 m, était défendue par plusieurs tours, dont ne subsistent que les tours jumelles et une tour derrière le tribunal actuel. Ces structures, partiellement reconstruites au XIVe siècle et restaurées en 1542–1543, servaient de passage entre le château et la ville en développement. Entre le XVe et le XVIIIe siècle, des familles nobles obtiennent le droit d’y construire des demeures (hôtels de Raville-Septfontaine, Créhange-Pittange, ou d’Eltz). Les travaux de modernisation des fortifications au XVIe siècle, dirigés par Adam de Volkrange pour la cour de Bruxelles, entraînent la destruction d’une partie des bâtiments, ensevelis sous les nouveaux remparts.
Au XVIIIe siècle, des modifications sont apportées, comme le percement de fenêtres en 1771 dans les tours jumelles. Les démolitions successives (1903 pour la tour aux Puces, 1947 pour des bâtiments côté Moselle) donnent à la Cour du château son aspect actuel. Le monument, partiellement inscrit aux Monuments Historiques depuis 1980, se compose aujourd’hui de deux tours reliées par un porche, ainsi que de vestiges médiévaux et classiques. Son histoire reflète les transformations politiques et militaires de la région, des Carolingiens aux Luxembourg, puis à l’époque moderne.