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Château de Thorigné-en-Charnie en Mayenne

Mayenne

Château de Thorigné-en-Charnie


    Thorigné-en-Charnie

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
~1090
Raoul de Thorigné
XIe siècle
Origines de la famille de Thorigné
1227
Fouquerand de Thorigné
1250
Condamnation de Raoul de Thorigné
1263
Don de Payen de Thorigné
1382
Passage aux comtes d’Alençon
1485
Acquisition par Roberde de Lesnières
1594
Vente à Claude de Bouillé
vers 1860
Disparition de la chapelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Raoul de Thorigné (~1090) - Seigneur et chevalier Premier membre cité de la famille.
Fouquerand de Thorigné - Seigneur au XIIIe siècle Mentionné en 1227 dans les archives.
Raoul de Thorigné (XIIIe) - Chevalier condamné Fonda une chapelle pour expier un meurtre.
Payen de Thorigné - Seigneur et donateur Confirma la chapelle d’Étival en 1263.
François, comte d’Alençon - Noble propriétaire en 1382 Seigneur de Thorigné via les Alençon.
Claude de Bouillé - Acquéreur en 1594 Acheta la seigneurie à Henri IV.
Joseph Maillard - Curé et historien local Étudia le site au XIXe siècle.

Origine et histoire

Le Château de Thorigné-en-Charnie, situé à Thorigné-en-Charnie en Mayenne (Pays de la Loire), est un complexe défensif médiéval implanté sur la « butte des châteaux » et les « hauts-châteaux », près de la route D583. Ce site marque l’extrémité sud-est des fortifications érigées par les vicomtes du Maine. Il se compose de trois enceintes successives en terre, entourées de fossés pouvant être inondés, et s’étend sur 450 mètres de long pour 150 de large. La plus grande enceinte se trouve à l’est, la plus petite au centre, et la troisième à l’ouest, toutes reliées entre elles. L’entrée principale était protégée par un fortin, aujourd’hui réduit à une motte, autrefois surmonté d’une tour en bois. Les talus, hauts de 18 mètres, étaient couronnés de palissades.

Dans la troisième enceinte, un donjon carré de 20 mètres de côté, aux murs épais de 4 mètres, se distingue par son orientation oblique par rapport aux levées de terre. Un escalier en colimaçon est intégré à sa maçonnerie, encore haute de 20 mètres selon les sources. Ce donjon en pierre est une exception dans la région du Bas-Maine, où les fortifications étaient généralement des buttes de terre surmontées de tours en bois. Une chapelle, mentionnée sur la carte de Jaillot mais disparue vers 1860, complétait l’ensemble. Le curé Joseph Maillard a étudié ce site, soulignant son système défensif original, basé sur les marécages environnants plutôt que sur une position escarpée. Il évoque aussi des traces hypothétiques d’un siège d’artillerie et d’un pont-levis.

Les seigneurs de Thorigné, famille puissante de la baronnie de Laval dès le XIe siècle, sont à l’origine de cette forteresse. Raoul de Thorigné (~1090) est cité dans le cartulaire de Saint-Vincent, tandis que son descendant, Raoul de Thorigné (XIIIe siècle), fut condamné à fonder une chapelle à l’Abbaye d’Étival-en-Charnie après avoir tué un clerc. Payen de Thorigné confirma cette fondation en 1263. La seigneurie passa ensuite aux comtes d’Alençon, comme François (1382) et René (XVe siècle), avant d’être aliénée à la famille de Bouillé en 1594 par Henri IV. Claude de Bouillé, puis ses descendants, en devinrent propriétaires jusqu’au XVIIIe siècle, période durant laquelle le site perdit progressivement son rôle militaire.

Le château de Thorigné-en-Charnie illustre l’évolution des techniques défensives médiévales, combinant terre, bois et pierre. Son donjon, rare exemple de maçonnerie dans la région, témoigne de l’influence des seigneurs locaux, tandis que ses fossés et marécages reflètent une stratégie adaptée au terrain. La disparition de la chapelle au XIXe siècle et les transformations ultérieures ont effacé une partie de son histoire, mais les vestiges subsistants en font un site archéologique majeur du Maine.

Aujourd’hui, les ruines des « Châteaux » de Thorigné, entourées de paysages préservés, offrent un aperçu des conflits et des alliances qui ont marqué le Bas-Maine. Proche de sites comme l’abbaye d’Évron ou le château de Sainte-Suzanne, ce monument rappelle le rôle clé des familles nobles (Thorigné, Alençon, Bouillé) dans la structuration territoriale et militaire de la région entre le XIe et le XVIIe siècle.

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