Origine et histoire
Le château de Tilloloy, situé à 7 km au sud de Roye dans la Somme, est un monument historique classé, toujours resté dans la même famille depuis le XIVe siècle. Il fut initialement construit par Jean du Fay, seigneur de Nesle, puis passa aux Soyécourt au XVIe siècle par mariage. Au XVIIe siècle, il devint propriété des Belleforière, dont Antoine Maximilien, condamné à mort en 1636 pour la reddition de Corbie, vit son château détruit puis reconstruit grâce à un dédommagement royal.
En 1645, Charles-Maximilien de Belleforière, marquis de Soyécourt et Grand Veneur de Louis XIV, fit édifier le château actuel. Le domaine entra ensuite dans la famille de Seiglière par le mariage de Marie Renée de Belleforière en 1682. Au XVIIIe siècle, Louis Armand de Seiglière, aussi propriétaire du château de Maisons, fit rénover l’intérieur par l’architecte Étienne-Louis Boullée en 1752, tout en conservant la façade extérieure.
Pendant la Révolution, Joachim Charles de Seiglière, héritier du château, fut guillotiné en 1794. Au XIXe siècle, Tilloloy passa aux d’Hinnisdäl, qui le restaurèrent dans les années 1880. Détruit pendant la Première Guerre mondiale, il ne restait en 1918 que des murs. La comtesse Thérèse d’Hinnisdal entreprit sa reconstruction dans les années 1930, réutilisant les éléments sauvés et refaisant la charpente en béton, comme celle de la cathédrale de Reims.
Le château, entouré de douves sèches et d’un parc à la française partiellement conservé, inclut des communs et une chapelle castrale, l’église Notre-Dame de Lorette. Classé monument historique en 1994 avec son parc, ses allées et ses dépendances, il reste une propriété privée. Depuis 2016, son parc accueille le festival de rock Rétro’C’Trop, attirant des artistes internationaux.
L’architecture du château, en brique et pierre, reflète le style du XVIIe siècle, avec un pavillon central et des corps latéraux. Les intérieurs, redécorés au XVIIIe siècle puis reconstitués après 1918, abritent des éléments historiques comme un grand poêle de l’ancien château de Champien. Les communs, également en brique et pierre, comprennent un colombier et des dépendances, reconstruits à l’identique après 1918.