Frise chronologique
1210
Possession de Thomas Ier de Savoie
Possession de Thomas Ier de Savoie
1210 (≈ 1210)
Château intégré au domaine comtal savoyard.
XIIe siècle
Construction du donjon sur motte
Construction du donjon sur motte
XIIe siècle (≈ 1250)
Tour carrée remplaçant un château à motte.
1321
Siège dauphinois
Siège dauphinois
1321 (≈ 1321)
Conflit entre Savoie et Dauphiné.
1333
Vente à Rodolphe de Montbel
Vente à Rodolphe de Montbel
1333 (≈ 1333)
Cession pour 7 000 florins.
1568-1569
Érection en comté
Érection en comté
1568-1569 (≈ 1569)
Acquis par Pierre Maillard, gouverneur de Chambéry.
1799
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1799 (≈ 1799)
Achat par une association d’acquéreurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Thomas Ier de Savoie - Comte de Savoie |
Premier maître savoyard du château en 1210. |
| Boniface de Savoie - Archevêque de Cantorbéry |
Possesseur du château (1252-1270). |
| Jean de Serraval - Châtelain et conseiller comtal |
Constructeur de la tour carrée (XIVe siècle). |
| Pierre Maillard - Gouverneur de Chambéry |
Acquéreur en 1568, premier comte de Tournon. |
| Philibert Sallier - Marquis de Cordon |
Rebâtit le corps de logis (XVIIe siècle). |
| Ferdinand Angleys - Baron et maire de Tournon |
Propriétaire à partir de 1875. |
Origine et histoire
Le château de Tournon, situé dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes, est un ancien château médiéval édifié sur une motte castrale dès le XIIe siècle. Il fut le centre de la châtellenie de Tournon, puis du comté et du marquisat du même nom. Installé à 420 mètres d’altitude sur le plateau de la Tourmotte, il contrôlait la vallée de l’Isère et l’accès à la vallée de Faverges, en lien avec les châteaux voisins de Chevron et Conflans. Ses origines remontent à une occupation allobroge, suivie d’une fortification romaine, avant de devenir une seigneurie comtale savoyarde.
Au XIIIe siècle, le château relève directement des comtes de Savoie, comme Thomas Ier ou Amédée IV, qui y effectuent des réparations et octroient des franchises au bourg. Il est successivement possédé par des membres de la famille de Savoie, dont Boniface, archevêque de Cantorbéry, avant d’être cédé en 1333 à Rodolphe de Montbel, puis racheté en 1357 par Amédée VI. Au XIVe siècle, Jean de Serraval y construit une tour carrée, tandis que le château subit des sièges, comme celui des troupes dauphinoises en 1321. Délaissé à partir du XVe siècle, il passe entre les mains de familles nobles, dont les Maillard, les Sallier et les Angleys, qui le transforment en résidence moderne.
L’architecture du château mêle des éléments des XIVe et XIXe siècles, avec un plan en fer à cheval, une tour de Serraval (XIVe siècle), et un corps de logis principal édifié au XVIIe siècle par Philibert Sallier. La motte initiale, ceinte de murailles, abritait un donjon du XIIe siècle, tandis que l’enceinte était flanquée de deux tours, dont la tour Marine, aujourd’hui rénovée en bibliothèque municipale. Le château était le cœur d’une châtellenie comtale incluant plusieurs paroisses, gérée par des châtelains nommés par les comtes de Savoie. Les archives mentionnent des comptes de châtellenie dès le XIIIe siècle, révélant son rôle administratif et militaire.
Au XVIe siècle, le château est érigé en comté par Pierre Maillard, gouverneur de Chambéry, avant de devenir un marquisat. Vendue comme bien national en 1799, la propriété passe ensuite à des familles bourgeoises, comme les Guigouf-Soundag ou les Perret, puis aux Angleys en 1859. Cette dernière famille, toujours propriétaire, a compté parmi ses membres des maires de Tournon et des industriels, comme Maurice Angleys, directeur de Péchiney-Ugine-Kuhlmann. Le site, partiellement en ruines, conserve des vestiges de son passé médiéval et Renaissance.
La châtellenie de Tournon, relevant du bailliage de Savoie, couvrait des paroisses comme Montailleur, Cléry ou Gilly. Les châtelains, souvent issus de la noblesse savoyarde, y percevaient les revenus fiscaux et assuraient l’entretien du château. Parmi eux, Nicolas Ravoyre est cité pour des réparations en 1317 et 1321, tandis qu’Aymon de Beaufort en devient châtelain en 1383. Le château, symbole du pouvoir comtal, fut aussi un enjeu dans les conflits entre la Savoie et le Dauphiné, notamment au XIVe siècle.