Frise chronologique
1440
Mariage fondateur
Mariage fondateur
1440 (≈ 1440)
Jeanne de Trécesson épouse Éon de Carné, unissant les noms.
fin XIVe – début XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
fin XIVe – début XVe siècle (≈ 1525)
Attribuée à Jean de Trécesson, chambellan du duc Jean IV.
1681
Érection en comté
Érection en comté
1681 (≈ 1681)
Le fief devient un comté sous Louis XIV.
1793–1794
Refuge révolutionnaire
Refuge révolutionnaire
1793–1794 (≈ 1794)
Jacques Defermon s’y cache pendant la Terreur.
1922
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1922 (≈ 1922)
Protection étendue en 2012 et 2014.
2022
Changement de propriété
Changement de propriété
2022 (≈ 2022)
Vente par la famille Prunelé après un siècle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le domaine - à l'exception des parties classées - soit les communs de la cour d'entrée en totalité, la grange et la bergerie en totalité, le four à pain ainsi que les parcelles A 871 à 879, 886 à 890, 903, 921 : inscription par arrêté du 11 septembre 2012 - Le pavillon de jardin en totalité, le colombier en totalité, les douves en totalité, ainsi que l'ensemble des constructions et sols compris dans l'emprise des douves du château (Château Merlet, logis et chapelle), tels que délimités par un liseré rose sur le plan annexé à l'arrêté (cad. A 971, 974, 975, 879, 903) : classement par arrêté du 28 mai 2014
Personnages clés
| Jean de Trécesson (XIVe siècle) - Chambellan et connétable de Bretagne |
Commanditaire présumé du château actuel. |
| Jeanne de Trécesson - Dernière héritière du nom |
Épouse Éon de Carné en 1440, transmettant le domaine. |
| Jacques Defermon (1752–1831) - Député girondin |
Caché au château pendant la Terreur. |
| René-Joseph Le Preste de Châteaugiron - Propriétaire en 1773 |
Acquiert le château par mariage. |
| Anne de Bretagne - Duchesse et reine de France |
Légende du *Tro Breiz* tournée au château en 2023. |
Origine et histoire
Le château de Trécesson, situé à Campénéac (Morbihan), est un rare exemple de château médiéval breton ayant conservé son aspect d’origine. Construit principalement entre la fin du XIVe et le XVIIe siècle, il se distingue par ses murs de schiste violacé et son étang entourant les douves. Propriété privée depuis sa construction, il fut classé Monument Historique en 1922, avec une extension de protection en 2012 et 2014 couvrant son domaine et ses abords. Son architecture combine un châtelet d’entrée flanqué de tours, une cour intérieure trapézoïdale, et des bâtiments domestiques incluant une chapelle seigneuriale du XVIe siècle.
La famille de Trécesson, attestée depuis le XIIIe siècle, est à l’origine de sa construction. Jean de Trécesson, chambellan du duc Jean IV de Bretagne, en serait le commanditaire vers 1400. Le château passe ensuite aux Carné-Trécesson par mariage en 1440, puis aux Le Preste de Châteaugiron en 1773. Pendant la Révolution, il abrite le député girondin Jacques Defermon, caché pendant 18 mois. Au XIXe siècle, il devient une école d’agriculture avant de passer entre les mains des familles Perrien de Crenan, Montesquieu, puis Prunelé jusqu’à sa vente en 2022.
Le château est célèbre pour ses légendes, dont celle de la Dame blanche, une fiancée enterrée vivante pour avoir « déshonoré » sa famille, et celle des Joueurs fantômes, liée à une chambre hantée du deuxième étage. D’autres récits évoquent un Curé sans tête et le Manoir du Pied d’Ânon, où un marquis regagna ses terres perdues au jeu. Ces légendes, souvent liées à des événements tragiques ou surnaturels, ont été compilées dès le XIXe siècle et contribuent à son mystère.
L’ensemble architectural inclut des éléments défensifs (douves, mâchicoulis) et des aménagements domestiques (colombier de 1 800 boulins, four à pain, lavoir). La chapelle, adossée à une ferme rectangulaire, présente une fenêtre ogivale ornée de sculptures animales et de fleurs de lys. À l’intérieur, une salle voûtée conserve des fresques murales représentant les Amours de Renaud et Armide, intégrées dans l’ancienne étuve. Les boiseries des XVIIe et XVIIIe siècles témoignent des remaniements ultérieurs.
Classé parmi les 100 lieux à voir par France 5 en 2023, le château attire pour son histoire et son cadre enchanteur, proche de la forêt de Brocéliande. Il est partiellement ouvert à la visite, offrant un voyage dans le temps entre architecture médiévale, décors Renaissance et récits légendaires. Son colombier, indicateur de la superficie originale du domaine (900 hectares), et son échelle pivotante sont des vestiges remarquables de son passé seigneurial.