Frise chronologique
1271
Première mention des Trégarantec
Première mention des Trégarantec
1271 (≈ 1271)
Acte de vente citant Alain de Trégarantec.
1494
Affaire du blasphémateur
Affaire du blasphémateur
1494 (≈ 1494)
Exécution d’un parent noyez à l’Étang-au-Duc.
1620
Vente aux Perrien
Vente aux Perrien
1620 (≈ 1620)
Passage de la seigneurie à Pierre de Perrien.
1676
Acquisition par les Saint-Noays
Acquisition par les Saint-Noays
1676 (≈ 1676)
Gilles de Saint-Noays achète le château.
1698
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1698 (≈ 1698)
Œuvre de François-René Jégou du Laz.
1755-1768
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1755-1768 (≈ 1762)
Dédiée à Notre-Dame du Bon Secours.
1799
Vente post-Révolution
Vente post-Révolution
1799 (≈ 1799)
Achats successifs par Le Mintier puis Le Guen.
1997
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1997 (≈ 1997)
Protection des logis, chapelle et jardins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Logis ancien et chapelle ; façades et toitures des autres bâtiments ; cours et jardins en totalité ; fontaine ; les deux allées d'accès (cad. WB 42, 43, 50, 56, 64) : inscription par arrêté du 24 décembre 1997
Personnages clés
| Alain de Trégarantec - Premier seigneur connu |
Mentionné en 1271 dans un acte. |
| François-René Jégou du Laz - Constructeur du château (1698) |
Conseiller au Parlement de Bretagne. |
| Louise de la Forest - Héritière du XVe siècle |
Transmet la seigneurie aux Carman. |
| Michel-Marie Jégou du Laz - Dernier Jégou propriétaire |
Décédé en 1799, vend le domaine. |
| Victor Emmanuel Le Guen - Propriétaire depuis 1819 |
Fondation de la lignée actuelle (Danion). |
| Sévère Le Mintier - Acheteur post-Révolution |
Colonel propriétaire en 1805. |
Origine et histoire
Le château de Trégarantec, situé à Mellionnec dans les Côtes-d’Armor, trouve ses origines au moins dès le XIIIe siècle avec la famille de Trégarantec, mentionnée pour la première fois en 1271. La construction actuelle, datée de 1698 (inscrite sur une cheminée), est attribuée à François-René Jégou du Laz, conseiller au Parlement de Bretagne. Elle remplace probablement un édifice plus ancien, reflétant l’importance de cette seigneurie bretonne transmise par alliances matrimoniales successives (Grignon de La Forest, Carman, Perrien, Saint-Noays).
L’aile perpendiculaire au corps principal, peut-être antérieure, fut détruite au début du XXe siècle puis reconstruite en 1970. Le château, typique des résidences aristocratiques bretonnes, se distingue par ses jardins en terrasses (3 hectares), son puits monumental, et sa chapelle dédiée à Notre-Dame du Bon Secours, construite en 1755 et transformée en 1768. Les boiseries rocaille et les lambris dorés des salons, datés du XVIIIe siècle, illustrent le faste de ses propriétaires, dont les Jégou du Laz, restés en possession jusqu’en 1799.
Un épisode marquant remonte à 1494, lorsque les seigneurs de Trégarantec, après avoir tenté de « corriger » un parent blasphémateur au Clos (domaine voisin), le firent noyer dans l’Étang-au-Duc avec l’absolution royale. Ce fait révèle leur pouvoir judiciaire et religieux à la fin du Moyen Âge. Le domaine, vendu en 1819 à la famille Le Guen (toujours propriétaire via les Danion), conserve des éléments classés Monument Historique depuis 1997, dont le logis, la chapelle, et les jardins à la française inspirés de Le Nôtre.
Architecturalement, le château combine pierre de taille et charpente imposante, évoquant les chantiers navals royaux. La cour d’honneur, encadrée de pavillons et de communs, mène à un escalier monumental donnant accès aux terrasses. L’orangerie, les balustres de granit, et les allées de châtaigniers séculaires complètent ce cadre seigneurial, souvent comparé aux plus belles demeures de Bretagne. La chapelle, restaurée entre 2000 et 2003, abrite un mobilier classé (boiseries Louis XV, grilles en fer forgé) et des sculptures représentant les évangélistes.
Les familles propriétaires se succédèrent par héritages ou ventes : des Trégarantec (XIIIe–XVe siècles) aux Grignon de La Forest, puis aux Carman, Perrien (1620–1676), Saint-Noays, et enfin aux Jégou du Laz (1677–1799). Après la Révolution, le colonel Le Mintier en fut brièvement propriétaire (1805) avant son retour aux Jégou, puis son acquisition définitive par les Le Guen en 1819. Ces derniers, impliqués dans la vie locale (deux maires de Mellionnec au début du XXe siècle), préservèrent le domaine jusqu’à aujourd’hui.