Frise chronologique
1253
Première mention des Trenquelléon
Première mention des Trenquelléon
1253 (≈ 1253)
Bernard et Géraud cèdent des dîmes à l’évêque d’Agen.
1284
Rattachement à Vianne
Rattachement à Vianne
1284 (≈ 1284)
Acte royal anglais intégrant Feugarolles à la bastide.
1771
Reconstruction du château
Reconstruction du château
1771 (≈ 1771)
Charles de Batz érige l’actuel bâtiment.
1804
Fondation des Marianistes
Fondation des Marianistes
1804 (≈ 1804)
Adèle de Batz crée l’Institut des Filles de Marie.
1920
Création du prix Jasmin d’Argent
Création du prix Jasmin d’Argent
1920 (≈ 1920)
Récompense poétique en langue d’oc et française.
1951/2015
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1951/2015 (≈ 2015)
Protection étendue à l’ensemble du domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les couvertures (cad. A 394) : inscription par arrêté du 16 février 1951. Arrêté du 12 novembre 2015 : [...] vu l'arrêté du 16 février 1951 portant inscription des façades et toitures du château, la commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) de la région Aquitaine entendue en sa séance du 17 septembre 2015, considérant que le château de Trenquelléon à Feugarolles (Lot-et-Garonne) présente un intérêt suffisant pour en rendre désirable la conservation en raison de son histoire et de ses qualités architecturales et paysagères, la commission se prononce à l'unanimité pour l'extension de l'inscription à la totalité du château de Trenquelléon à Feugarolles (Lot-et-Garonne) avec les communs, la cour intérieure, le portail, ses jardins, le pigeonnier, la source, l'ancien portail, l'ancienne dépendance hydraulique et le mur de soutien des jardins soit l'ensemble de la parcelle 13 d'ouest en est jusqu'à la limite du pigeonnier. Section ZN, parcelle 13 de 16 ha et 18 ares et 90 centiaires de la commune (plan annexé). L'arrêté du 12 novembre 2015 annule et remplace celui du 16 février 1951.
Personnages clés
| Bernard et Géraud Trenquelléon - Seigneurs de Fimarcon (XIIIe siècle) |
Premiers porteurs du nom liés au site. |
| Charles de Batz (1712–1754) - Baron reconstructeur (1771) |
Commanditaire de l’architecture actuelle. |
| Adèle de Batz de Trenqueléon (1789–1828) - Fondatrice des Marianistes |
Crée la congrégation au château en 1804. |
| Léopold de Batz (1816–?) - Maire de Feugarolles |
Chevalier de la Légion d’honneur (1875). |
Origine et histoire
Le château de Trenqueléon, situé à Feugarolles en Lot-et-Garonne, trouve ses origines au XIIIe siècle avec la famille Trenquelléon, issue des seigneurs de Fimarcon. En 1253, les frères Bernard et Géraud Trenquelléon, fils d’Odon de Lomagne, cèdent des dîmes à l’évêque d’Agen, attestant leur influence locale. En 1284, le château et ses dépendances sont rattachés à la juridiction de la bastide de Vianne par un acte entre Jourdain de Lisle et le roi d’Angleterre. Le nom Trenquelléon apparaît ainsi lié à une motte féodale, puis à une tour du XVe siècle, vestige encore visible aujourd’hui.
Au XVIIIe siècle, le château est entièrement reconstruit en 1771 par Charles de Batz, baron de Trenqueléon, sur les fondations médiévales. L’architecture, inspirée des chartreuses, mêle classicisme rigoureux (symétrie, jardins en terrasses) et originalités locales, comme des toitures en brisis courbes ou une charpente à chevrons massifs courbés, rare dans la région. Les initiales C.B.T. et la date 1771 sont gravées dans le sol et sur une lucarne, soulignant cette refonte. Le décor intérieur, de style Louis XV (stucs, menuiseries), témoigne d’un luxe pré-révolutionnaire, bien que dix tapisseries aux armes des Trenqueléon, peut-être des Gobelins, aient disparu en 1954.
Le château reste associé à la famille de Batz jusqu’au XIXe siècle. Adèle de Batz de Trenqueléon (1789–1828), petite-fille de Charles, y fonde en 1804 l’Institut des Filles de Marie, ancêtre de la congrégation des Marianistes, faisant du lieu un symbole religieux. En 1920, le prix Jasmin d’Argent y est créé pour récompenser des poètes en langue d’oc ou française. Classé Monument Historique en 1951 (étendu en 2015), le domaine inclut désormais logis, communs, jardins, pigeonnier et une chapelle, préservant son héritage architectural et spirituel.
L’histoire du château reflète les mutations sociales de la Gascogne : d’abord forteresse médiévale contrôlée par les seigneurs de Lomagne, il devient une résidence aristocratique sous les Batz, puis un lieu de mémoire religieuse. Son architecture, entre tradition locale (ardoise, moellons) et influences extérieures (charpente « loiréenne »), illustre les échanges culturels de l’Ancien Régime. La tour du XVe siècle, avec son archère, et les communs fermant la cour rappellent son passé défensif, tandis que les salons et jardins évoquent son âge d’or au XVIIIe siècle.
La protection du château s’étend aujourd’hui à l’ensemble du domaine (16 hectares), incluant des éléments hydrauliques et paysagers. Son état de conservation, malgré la perte des tapisseries, permet d’étudier une transition architecturale rare entre Moyen Âge et époque moderne. Le site, toujours lié à l’ordre marianiste, attire aussi pour son prix littéraire et son rôle dans la préservation du patrimoine gascon.