Origine et histoire du Château de Trévoux
Le château de Trévoux, édifié à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle par les sires de Thoire-Villars, fut remanié vers 1360 avant d’être abandonné en 1563. Symbole de la seigneurie de Trévoux et centre d’une châtellenie de la principauté de Dombes, il protégeait un péage fluvial sur la Saône. Son donjon octogonal, construit en pierres alternées blanches et dorées, témoigne d’une architecture militaire médiévale robuste, tandis que ses courtines et tours latérales datent de la campagne d’agrandissement de 1360.
Le château connut des épisodes violents, comme l’attaque de François de la Palud en 1431, où la résistance du château contrasta avec le pillage de la ville. En 1402, Humbert VIII de Thoire-Villars le vendit à Louis II de Bourbon, marquant son intégration à la Dombes. Au XVIe siècle, il fut la cible des protestants (1563), qui minèrent sa tour maîtresse, accélérant son déclin. Abandonné après 1563, il fut partiellement détruit pendant la Révolution (1793), avant d’être classé Monument Historique en 1913 et restauré à partir des années 1990.
Le site conservait aussi un atelier monétaire, établi vers 1410 par Jean de Bourbon, d’abord dans le château puis en ville. Les vestiges actuels – donjon tronqué, tours en fer à cheval et ronde, murs d’enceinte – révèlent un plan triangulaire adapté à la topographie. Malgré les dégradations subies (abandon, Révolution, érosion), le château reste un témoin exceptionnel de l’architecture castrale tardomédiévale, lié à l’histoire des familles de Thoire-Villars et de Bourbon.
Classé en 1913, le château appartint successivement à des seigneurs locaux, à la couronne de France, puis au département de l’Ain (depuis 1822). Ses ruines, dessinées au XIXe siècle par Horace Fonville, firent l’objet de campagnes de consolidation (1932, 1957, 1993). Aujourd’hui, le donjon octogonal – réduit de 28 à 16 mètres – et les courtines offrent un aperçu de sa puissance passée, tandis que des animations historiques, comme celles de 2013 pour le 450e anniversaire de sa prise, perpétuent sa mémoire.
Le château était relié à la ville par un mur d’enceinte, et ses fossés, encore visibles, soulignent son rôle défensif. À l’intérieur, les traces d’une cheminée et d’une tour-pentagonale (latrines) évoquent la vie seigneuriale. La basse-cour, carrée, est attestée par un plan de 1813. Bien que partiellement en ruine dès le XVIIe siècle, le site conserve une valeur patrimoniale majeure, illustrant les transitions entre Moyen Âge et Renaissance dans la région lyonnaise.