Origine et histoire du Château de Trie
Le château de Trie trouve ses origines au XIe siècle, lorsque le roi de France Philippe Ier le fait construire pour défendre le Vexin français. Ce château fort, stratégique pendant des siècles, devient un enjeu majeur durant la guerre de Cent Ans : en 1418, il est pris par Henri V d’Angleterre, qui en fait son quartier général. Son histoire est ensuite marquée par des transformations successives, reflétant les évolutions politiques et architecturales de la région.
Au XVIe siècle, Adrienne d’Estouteville (épouse de François de Bourbon) entreprend des travaux de modernisation, transformant partiellement le château en résidence plus confortable. Son fils, Henri de Longueville, agrandit considérablement l’édifice en 1620, y ajoutant un château-neuf de style Renaissance et accueillant même le roi Henri IV. Le domaine passe ensuite entre les mains de grandes familles nobles : les Bourbon-Longueville, les Bourbon-Conti, puis Monsieur (futur Louis XVIII), qui en devient propriétaire en 1783. Ces changements de mains illustrent son importance dans l’aristocratie française.
La Révolution française marque un tournant tragique : le château, ruiné, perd une grande partie de ses bâtiments. Au XIXe siècle, il est racheté par le comte Joseph-Arthur de Gobineau, diplomate et philosophe, qui en fait sa résidence. Aujourd’hui, il ne subsiste qu’une partie du château-vieux (avec des éléments médiévaux et un escalier Renaissance), ainsi que des vestiges classés monument historique en 1956. Transformé en hôtel de ville, le site conserve la mémoire de ses illustres occupants, comme Jean-Jacques Rousseau, qui y aurait séjourné.
Architecturalement, le château se composait à son apogée de deux ensembles distincts : le château-vieux (trois ailes médiévales) et le château-neuf (XVIIe siècle). Parmi les éléments protégés figurent la tour ronde, des tours demi-rondes, un mur de courtine, une salle voûtée et l’escalier Renaissance, témoins de son passé prestigieux. Son évolution reflète les transitions entre forteresse militaire, résidence aristocratique et bâtiment communal, incarnant près d’un millénaire d’histoire française.