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Château de Turcey en Côte-d'or

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château

Château de Turcey

    Chemin de Charencey
    21540 Turcey
Propriété privée
Château de Turcey
Château de Turcey
Crédit photo : Sdo216 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1796 (an IV)
Vente comme bien national
1200
Donation à l’abbaye de Saint-Seine
1483
Tour sous fief abbatial
1605-1611
Rebâtissage par Étienne de Loisy
1897
Démontage des cheminées
1928 et 1999
Classements monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte d'entrée : inscription par arrêté du 8 septembre 1928 - Château (cad. AB 139, 140) : inscription par arrêté du 30 avril 1999

Personnages clés

Gautier de Sombernon - Seigneur de Sombernon Donateur des terres de Turcey en 1200.
Gui de Turcey - Chevalier Tient Turcey en fief de Saint-Seine (1238).
Guillaume Bougard - Seigneur de Turcey (XVIe) Reconnaît la suzeraineté de l’abbaye en 1533.
Étienne de Loisy - Président de la Chambre des comptes Rebâtit le château au XVIIe siècle.
Antoine de Vienne - Abbé de Saint-Seine (XVIe) Suzerain de la maison forte en 1533.

Origine et histoire

Le château de Turcey, situé à l’extrémité nord-ouest du village de Turcey (Côte-d’Or), trouve ses origines au XIIe siècle avec le fief de la Tour de Turcey. Au XVe siècle, il se compose d’une enceinte sur motte, d’une tour et d’une grange, liés à l’abbaye de Saint-Seine. En 1200, Gautier de Sombernon cède ses terres de Turcey à cette abbaye, et en 1238, une charte confirme que Gui de Turcey tient ce fief de l’église de Saint-Seine. En 1483, la tour reste sous la suzeraineté de l’abbaye, comme en témoigne un acte de 1533 où Guillaume Bougard reconnaît tenir la maison forte de Turcey, avec son pont-levis, de l’abbé Antoine de Vienne.

Au début du XVIIe siècle, Étienne de Loisy, président de la Chambre des comptes de Bourgogne, rebâtit partiellement la forteresse entre 1605 et 1611. Le domaine, alors entouré de murailles et de fossés, comprend un château, une maison forte, des tours d’angle, une porterie, un corps de logis avec pavillon, et des dépendances comme une écurie et une remise. La chapelle, décorée de peintures Renaissance, porte le millésime 1611. À la fin du XVIIIe siècle, le château est abandonné, vendu comme bien national en 1796 (an IV), puis converti en exploitation agricole. Deux de ses cheminées sont démontées en 1897 et réinstallées à Dijon, au Palais de Justice et au lycée Carnot.

L’architecture du château allie des éléments défensifs médiévaux et des ajouts Renaissance. La cour centrale est ceinte de trois tours rondes et d’une tour rectangulaire, avec une tour-porche supportant un pont-levis. Le bâtiment ouest, doté de cheminées gothiques et d’un four à pain, ferme la cour, tandis qu’une imposante tour rectangulaire à trois étages, datant du XVe siècle, domine l’ensemble. Cette tour présente des canonnières, une bretèche et une souche de cheminée. Une chapelle voûtée en plein-cintre, ornée d’enduits peints et de blasons, occupe le premier étage d’un bâtiment adjacent. Les fossés, aujourd’hui comblés, n’en subsistent que des traces près de la tour-porche.

Classé monument historique en deux temps (la porte d’entrée en 1928 et l’ensemble du château en 1999), le site menace aujourd’hui ruine malgré son inscription. Son histoire reflète les liens entre noblesse bourguignonne, pouvoir ecclésiastique et transformations architecturales, des origines médiévales à son déclin post-révolutionnaire.

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