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Château de Turenne en Corrèze

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château de Turenne

    Ville de Turenne
    19500 Turenne

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIIe siècle
Première mention d'une *vicaria*
767
Prise par Pépin le Bref
839
Reprise par Louis le Pieux
984
Premier vicomte attesté
1096
Départ pour la croisade
1214
Ralliement à Philippe Auguste
1242-1253
Saisie royale puis restitution
1494
Réunification de la vicomté
1570-1580
Enceinte des guerres de Religion
1738
Vente à Louis XV
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pépin le Bref - Roi des Francs Prit le *castrum* en 767.
Louis le Pieux - Empereur carolingien Reprit le château en 839.
Bernard I de Turenne - Premier vicomte attesté Fils d’Adhémar, mentionné en 984.
Archambaud de Comborn - Vicomte de Comborn et Turenne Surnommé *« Jambe Pourrie »* (957-962).
Raymond I de Turenne - Vicomte et croisé Parti en 1096, frappa monnaie.
Raymond IV de Turenne - Vicomte stratégique Allié de Philippe Auguste en 1214.
Henri I de La Tour d’Auvergne - Vicomte protestant Construisit une enceinte (1570-1580).
Charles-Godefroy de La Tour d’Auvergne - Dernier vicomte souverain Vendit la vicomté à Louis XV.

Origine et histoire

Le château de Turenne, situé dans le département de la Corrèze en Nouvelle-Aquitaine, fut le cœur de la vicomté de Turenne jusqu’en 1738. Son histoire remonte au VIIe siècle, où une vicaria Torinensis est mentionnée pour la première fois. Le castrum apparaît dans les textes en 767, lors de sa prise par Pépin le Bref pendant son conflit avec Waïfre, duc d’Aquitaine. Au IXe siècle, il est saisi par Pépin le Bref puis confié à Immon, premier comte de Quercy, avant d’être repris en 839 par Louis le Pieux. Les reliques de saint Martial y furent abritées vers 842 pour les protéger des Vikings.

Au Xe siècle, Bernard I de Turenne (v.915-981), premier vicomte attesté en 984, marque le début de la dynastie vicomtale. Son gendre, Archambaud de Comborn (surnommé « Jambe Pourrie » après un combat pour le château vers 957-962), unit les vicomtés de Comborn et Turenne. Le château actuel pourrait dater de cette époque, bien que des débats persistent sur l’emplacement du premier castrum (un site appelé « Vieille Turenne », à 1,5 km au nord-est, est évoqué en 1074).

Au XIe siècle, Raymond I de Turenne renforce les défenses avant de partir pour la première croisade (1096) et frappe monnaie, un privilège rare pour un vicomte. La vicomté oscille entre allégeance aux ducs d’Aquitaine (Plantagenêts) et aux rois de France (Capétiens), tirant parti des conflits pour étendre son autonomie. En 1188, le château est peut-être pris par Richard Cœur de Lion. En 1214, le vicomte Raymond IV se range aux côtés de Philippe Auguste, puis participe en 1224 à la reconquête du duché d’Aquitaine par Louis VIII.

Le XIIIe siècle voit le château saisi en 1242 par Louis IX après une révolte, puis rendu en 1253. La vicomté est divisée en 1251 entre Raymond VI (partie orientale) et Hélie II de Rudel (partie occidentale), une scission durera jusqu’en 1494. Les vestiges actuels incluent la tour de César (donjon circulaire du XIIIe siècle, peut-être lié à Raymond IV) et la tour du Trésor (donjon rectangulaire à contreforts, typique du Limousin). Trois enceintes successives protégeaient le site, dont une construite pendant les guerres de Religion (1570-1580) par le vicomte protestant Henri I de La Tour d’Auvergne.

En 1738, la vicomté est vendue à Louis XV par Charles-Godefroy de La Tour d’Auvergne, duc de Bouillon, pour 4,2 millions de livres, sous réserve de conserver le titre. Les vestiges (classés Monuments Historiques en 1840, 1890, et 2015) comprennent les bases des remparts et trois tours. Les bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles, aujourd’hui disparus, sont connus par des descriptions et un vitrail de la collégiale Notre-Dame-et-Saint-Pantaléon.

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