Frise chronologique
Fin XIIe siècle
Acquisition par les archevêques
Acquisition par les archevêques
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Domaine propriété des archevêques de Bourges
1496
Reconstruction médiévale
Reconstruction médiévale
1496 (≈ 1496)
Initiée par Guillaume de Cambrai
1784
Construction basse-cour
Construction basse-cour
1784 (≈ 1784)
Nouveaux aménagements avant la Révolution
4e quart du XVIIe siècle
Transformation classique
Transformation classique
4e quart du XVIIe siècle (≈ 1787)
Rénovation par Phélypeaux de la Vrillière
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Fin de la propriété ecclésiastique
20 janvier 2006
Première inscription MH
Première inscription MH
20 janvier 2006 (≈ 2006)
Protection partielle du monument
16 décembre 2020
Inscription élargie
Inscription élargie
16 décembre 2020 (≈ 2020)
Protection de l’ensemble du domaine
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble des éléments bâtis et non bâtis qui composent cette résidence de campagne des archevêques de Bourges sous l'Ancien Régime, et correspondent à son emprise historique tel que représenté sur le plan annexé à l'arrêté, et figurant au cadastre de Saint-Michel-de-Volangis section C, sur les parcelles n°256 à 262 au lieu-dit "les Grands jardins", n° 263 à 264 au lieu-dit "Château de Turly", n°269 à 277 au lieu-dit "Le Pré de la garenne", n° 278 et 279 au lieu-dit "la Garenne de Turly" et au cadastre de Saint-Germain-du-Puy, section AL, sur les parcelles n°8 à 19 au lieu-dit "la Garenne de Turly", et section AM, sur les parcelles n°1 à 4, au lieu-dit "Le Grand Bois", n°5 au lieu-dit "Les Terres de Turly" : inscription par arrêté du 16 décembre 2020
Personnages clés
| Guillaume de Cambrai (ou Cambray) - Archevêque de Bourges |
Reconstructeur du château en 1496 |
| Monseigneur Phélypeaux de la Vrillière - Archevêque de Bourges |
Commanditaire des transformations du XVIIe siècle |
| André Le Nôtre - Paysagiste |
Mentionné pour un parterre (devis) |
| Baron de Laître - Propriétaire au XIXe siècle |
Responsable de la restauration 1858-1891 |
| Paul de Lavenne de Choulot - Paysagiste |
Créateur du jardin en 1862 |
| Saglio - Architecte |
Collaborateur du baron de Laître |
Origine et histoire
Le château de Turly, situé dans le département du Cher, est une ancienne résidence des archevêques de Bourges. Dès la fin du XIIe siècle, le domaine appartient à ces derniers, mais c’est en 1496 que l’archevêque Guillaume de Cambrai (ou Cambray) entreprend sa reconstruction. Ce château médiéval, marqué par des tours et une structure défensive, devient un lieu de pouvoir et de représentation pour le clergé bourgeais.
Au 4e quart du XVIIe siècle, après les ravages des guerres civiles, le château est profondément transformé sous l’impulsion de Monseigneur Phélypeaux de la Vrillière. Les fossés sont comblés, les murs de la cour détruits, et un pont de pierre remplace l’ancien pont-levis. Le domaine adopte alors un plan régulier, typique des résidences aristocratiques de l’époque, avec une terrasse aménagée et des jardins redessinés. Un devis mentionne même l’intervention d’André Le Nôtre pour un parterre, bien que son rôle exact reste à préciser. Les ailes et pavillons, abritant chapelle et communs, sont reconstruits, tandis que les tours médiévales du corps de logis sont conservées et remaniées.
Les travaux se poursuivent au XVIIIe siècle : en 1784, une nouvelle basse-cour est édifiée, et la façade sur cour s’enrichit d’une galerie. Cependant, la Révolution marque un tournant : en 1791, le domaine est vendu comme bien national, mettant fin à son usage ecclésiastique. Au XIXe siècle, entre 1858 et 1891, le baron de Laître entreprend une restauration majeure avec l’architecte Saglio, tout en confiant au paysagiste Paul de Lavenne de Choulot la création d’un jardin agricole et paysager. Le château, aujourd’hui protégé au titre des monuments historiques (inscription en 2006 et 2020), conserve ainsi les traces de ses métamorphoses, des fondations médiévales aux embellissements classiques.
L’ensemble architectural reflète cette superposition des époques : la cour d’honneur, flanquée d’ailes du XVIIe siècle, s’ouvre sur des jardins dont la composition date majoritairement du XVIIIe siècle. La chapelle, voûtée d’ogives, rappelle l’origine médiévale, tandis que les pavillons d’entrée, dotés de tourelles, illustrent le goût pour la symétrie à l’époque moderne. Le parc, agrandi et remodelé, témoigne quant à lui des influences paysagères des XVIIe et XIXe siècles.