Origine et histoire du Château de Vaire-le-Grand
Le château de Vaire-le-Grand, situé dans la vallée du Doubs à Vaire-Arcier (anciennement Vaire), trouve ses origines sur un site occupé dès l’époque gallo-romaine par un castrum dominant la vallée. Au XIe siècle, un château fort y fut construit par Gauthier de Vaire, vassal du Comté de Bourgogne. Ce château, détruit en 1477 sur ordre de Louis XI après la mort de Charles le Téméraire, tomba en ruine avant d’être racheté en 1703 par Gabriel Boisot, procureur général au Parlement de Besançon et figure clé de l’annexion de la Franche-Comté par Louis XIV.
Le château actuel, de style classique, fut érigé entre 1713 et 1717 par Jean-Antoine Boisot, fils de Gabriel, qui s’inspira des résidences parisiennes comme Champs-sur-Marne. Financé par la dot de son épouse, Marie Élisabeth Yacinthe Heuslin, le projet inclut le premier jardin à la française de Franche-Comté, conçu d’après les principes de Dézallier d’Argenville. Cependant, les dépenses excessives et les tensions conjugales (les époux se séparèrent en 1723) conduisirent Jean-Antoine à vendre le domaine tout en en conservant l’usufruit.
Au XVIIIe siècle, le château passa aux sœurs Pourcheresse d’Etrabonne, dont Simone Bonaventure Étiennette, épouse du marquis de Verseille, y résida. En 1814, pendant la Campagne de France, le prince Aloys de Liechtenstein y établit son quartier général et fit aménager les terrasses en positions défensives pour affronter les troupes napoléoniennes. Le domaine, vendu en 1819 à des familles locales (Cugnotet, Finot), changea plusieurs fois de mains au XIXe et XXe siècles, devenant même une colonie de vacances après 1948 sous la gestion de la société Boussac.
Classé Monument Historique en 2011-2012 après une première inscription en 1985, le château et ses jardins (terrasses, bassins, ifs taillés) furent restaurés dans les années 1990. Depuis 1992, il est ouvert au public, offrant un témoignage architectural du classicisme français et de l’histoire mouvementée de la Franche-Comté, entre noblesse de robe, conflits militaires et reconversions patrimoniales.