Origine et histoire du Château de Vallabrix
Le château de Vallabrix, situé dans le village éponyme du Gard, est un vestige architectural de la Renaissance, daté de la 2e moitié du XVIe siècle. Sa façade, aujourd’hui classée Monument Historique (1997), est le seul élément subsistant de l’ancien château seigneurial. À l’origine, elle dominait la place du village avant d’être déplacée au fond de la cour entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Cette façade se distingue par son style Renaissance : fronton ouvragé, six pilastres à chapiteaux corinthiens, et des frises décoratives. Les ouvertures d’origine, aujourd’hui murées, en font un décor purement esthétique.
Le château est associé à Mathieu de Bargeton, premier seigneur connu de Vallabrix, anobli en 1533 par François Ier. Il acquiert la juridiction du domaine en 1535, et son lien avec la Cour suggère qu’il ait commandité la façade, probablement construite vers 1560. Au XVIIe siècle, le château devient une coseigneurie partagée entre les Bargeton et des familles nobles alliées, comme les Ruffier. Au XIXe siècle, le bien, déchu de son statut noble, est divisé en deux parcelles (acte de 1877) : une partie habitable avec cour et porche, l’autre agricole (grange et jardin).
Les sources historiques locales, comme le compoix de 1728 et le cadastre napoléonien de 1823, attestent de son évolution foncière. En 1209, le site appartenait déjà au comte de Toulouse, dépendant de l’évêque d’Uzès. Aujourd’hui, la division du château est visible dans sa structure : un mur intérieur coupe la façade en deux, et les toits, remaniés, présentent des orientations distinctes. Depuis 2009, une des parcelles (n°262) est devenue propriété communale.
L’édifice illustre les transformations sociales et architecturales d’un domaine seigneurial, passé du statut de bien noble à une division bourgeoise et agricole. Son inscription aux Monuments Historiques en 1997 protège ses façades et toitures, témoins d’un patrimoine Renaissance méconnu en Languedoc-Roussillon (aujourd’hui Occitanie).