Frise chronologique
1559
Incendie du premier château
Incendie du premier château
1559 (≈ 1559)
Début des guerres de Religion.
1628
Destruction par les protestants
Destruction par les protestants
1628 (≈ 1628)
Troupes du duc de Rohan.
1629
Ordre de reconstruction
Ordre de reconstruction
1629 (≈ 1629)
Imposé par Louis XIII.
1630-1639
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1630-1639 (≈ 1635)
Sur les ruines du XVIe siècle.
1748
Achat par la famille Merle
Achat par la famille Merle
1748 (≈ 1748)
Nouveaux propriétaires seigneuriaux.
1847
Acquisition par la municipalité
Acquisition par la municipalité
1847 (≈ 1847)
Devenu bien communal.
1951-1955
Restauration des tapisseries
Restauration des tapisseries
1951-1955 (≈ 1953)
Aux ateliers des Gobelins.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestibule d'accès à la salle du conseil municipal : inscription par arrêté du 6 juin 1939 ; Escalier et sa rampe en fer forgé : classement par arrêté du 20 mars 1946 ; Façades et toitures (cad. C 478) : inscription par arrêté du 7 décembre 1970
Personnages clés
| Louis XIII - Roi de France |
Ordonna la reconstruction en 1629. |
| Duc de Rohan - Chef protestant |
Détruisit le château en 1628. |
| Famille Merle de Lagorce - Propriétaires (1748) |
Acquit le château au XVIIIe siècle. |
| Henriette Merle de Lagorce - Dernière propriétaire privée |
Vendit le château en 1847. |
| Anne-Charlotte d'Hautefort de Lestrange - Épouse du comte de Vallon |
Apporta les tapisseries d’Aubusson. |
Origine et histoire
Le château de Vallon-Pont-d'Arc fut construit entre 1630 et 1639 sur les ruines d’une ancienne demeure du XVIe siècle, à l’initiative du seigneur local après la capitulation de Privas en 1629. Ce projet résultait d’une obligation imposée par Louis XIII aux habitants protestants de Vallon, condamnés à payer une amende et à reconstruire un château pour leur seigneur. Les matériaux utilisés, galets et pierres, reprirent les fondations existantes, tandis que l’architecture mêla corps de logis rectangulaire et tours d’angles arasées.
Le château changea de mains en 1748, lorsque la famille Merle de Lagorce l’acquit. En 1847, la municipalité en devint propriétaire pour 42 000 francs, y installant écoles, justice de paix, et télégraphe. Aujourd’hui hôtel de ville, il conserve un escalier en pierre d’Orgnac classé, doté d’une rampe en ferronnerie, ainsi que sept tapisseries d’Aubusson du XVIIe siècle. Ces dernières, issues du château de Montréal via un mariage aristocratique, furent restaurées aux Gobelins entre 1951 et 1955 après des décennies d’abandon.
L’édifice bénéficie de trois protections au titre des monuments historiques : inscription du vestibule en 1939, classement de l’escalier en 1946, et inscription des façades et toitures en 1970. Les tapisseries, exposées dans l’ancienne salle de compagnie (devenue salle des mariages), illustrent La Jérusalem délivrée du Tasse, à l’exception d’une pièce dédiée à une leçon de greffage. Leur sauvegarde témoigne de l’engagement de l’État et des collectivités locales dans la préservation du patrimoine textile.
Le site, ouvert au public, incarne l’histoire mouvementée du Vivarais, marqué par les guerres de Religion et la reconstruction post-conflit. Son architecture sobre, combinée à des éléments défensifs résiduels (tours arasées), reflète les transitions entre Moyen Âge et époque moderne, tandis que ses usages successifs — seigneurial, municipal, culturel — soulignent son ancrage dans la vie locale depuis près de quatre siècles.