Origine et histoire
Le château de Valon, édifié au XIe siècle sur un promontoire surplombant la vallée de Truyère, est un ancien château fort aujourd’hui en ruine. Situé à Lacroix-Barrez dans l’Aveyron (Occitanie), il fut un point stratégique durant la Guerre de Cent Ans. En 1378, le seigneur bandit Aymerigot Marchès s’en empara pour piller la région avant d’être exécuté en 1387. Le château fut ensuite restitué au vicomte de Carlat, Jean III d’Armagnac, marquant la fin de l’occupation anglaise.
Plusieurs familles nobles se succédèrent à Valon sur huit siècles. Les de Valon, vassaux des vicomtes de Carlat, cédèrent la seigneurie aux de Peyre au XIIIe siècle. Par alliances matrimoniales, le château passa aux Rolland (XIVe–XVIe siècles), dont Aymeric Rolland, gouverneur des États pontificaux, et Jacques Rolland, dernier héritier mâle. Au XVIe siècle, les de Chaumeil puis les de Fontanges en devinrent propriétaires, avant que les de Verdier et les de Bancarel ne s’y succèdent jusqu’au XVIIIe siècle.
Construit en moellons de schiste, le château comprenait un donjon à échauguettes, une avant-cour fermée et des mâchicoulis. Abandonné après la Révolution, il se dégrada rapidement : ses toitures s’effondrèrent vers 1845, et ses pierres furent réutilisées par les habitants. Au XXe siècle, l’architecte Jean-Louis Fougerousse le sauva de la ruine en consolidant le donjon. Depuis 2003, la Communauté de communes de Carladez mène des travaux de restauration, ouvrant le site au public.
Le château illustre l’architecture défensive médiévale du Rouergue, avec une histoire marquée par les conflits féodaux et les alliances familiales. Son donjon, partiellement préservé, reste le vestige le plus emblématique. Les fouilles et restaurations récentes visent à valoriser ce patrimoine, tout en révélant son rôle dans l’histoire locale, entre pouvoir seigneurial et enjeux territoriaux.
Classé monument historique en 1925, Valon est un témoignage des luttes entre seigneurs locaux et couronnes française/anglaise. Son occupation par Aymerigot Marchès, figure controversée de la Guerre de Cent Ans, en fait un symbole des troubles de l’époque. Les familles proprietaires, comme les Rolland ou les Verdier, y ont laissé des traces architecturales et généalogiques, aujourd’hui étudiées pour comprendre la société noble rouergate.