Frise chronologique
1867
Achat par Paul von Derwies
Achat par Paul von Derwies
1867 (≈ 1867)
Création du domaine et début des travaux.
1870-1881
Âge d'or mondain et musical
Âge d'or mondain et musical
1870-1881 (≈ 1876)
Réceptions et concerts avec orchestre symphonique.
1881
Mort du baron von Derwies
Mort du baron von Derwies
1881 (≈ 1881)
Fin des fastes, héritage incertain.
1912
Vente à Poutiloff
Vente à Poutiloff
1912 (≈ 1912)
Premier changement de propriétaire après Derwies.
1920
Rachat par Simón Iturri Patiño
Rachat par Simón Iturri Patiño
1920 (≈ 1920)
Nouveau propriétaire, inscription du nom Patiño.
1950
Rachat par la ville de Nice
Rachat par la ville de Nice
1950 (≈ 1950)
Cession à l’Éducation nationale prévue.
1965
Installation de l'université
Installation de l'université
1965 (≈ 1965)
Campus Valrose pour les sciences.
22 juillet 1991
Classement monument historique
Classement monument historique
22 juillet 1991 (≈ 1991)
Protection du château, parc et fabriques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Paul von Derwies - Baron, financier russe |
Créateur et propriétaire initial du domaine. |
| David Grimm - Architecte |
Conception du grand château avec Croci. |
| Antonio Croci - Architecte |
Collaboration à la construction du château. |
| Constantin Scala - Architecte |
Participation aux travaux du château. |
| Antoine Béranger - Architecte |
Conception du petit château. |
| Mikhaïl Makaroff - Architecte |
Transformation du théâtre en salle de concert. |
| Joseph Carlès - Horticulteur |
Création du parc et des jardins. |
| Sébastien-Marcel Biasini - Architecte |
Portail monumental d’entrée en 1881. |
| Simón Iturri Patiño - Industriel bolivien |
Propriétaire en 1920, inscription de son nom. |
| Reine Victoria - Souveraine britannique |
Visiteuse régulière du parc et de l’oliveraie. |
Origine et histoire
Le Château de Valrose, situé dans le quartier éponyme de Nice, est un domaine de dix hectares créé en 1867 par le baron Paul von Derwies, financier russe. Ce dernier, conseiller du tsar Alexandre II, y fait construire un château gothique luxueux, un petit château, un théâtre transformé en salle de concert, et un parc somptueux avec serres, roseraie et pièces d’eau. Le chantier, mené par les architectes David Grimm, Antonio Croci, Constantin Scala et Antoine Béranger, emploie plus de 800 ouvriers pendant trois ans pour un coût de plusieurs millions de francs-or. Le parc, conçu par l’horticulteur Joseph Carlès, intègre des végétaux italiens, des kiosques, une isba ukrainienne, des fausses ruines et des fontaines.
De 1870 à 1881, Valrose devient un lieu de vie mondaine et musicale, accueillant un orchestre symphonique de 70 musiciens et des artistes renommés comme le violoniste Joseph Joachim ou la diva Adelina Patti. Le baron y organise des réceptions fastueuses, dont une en l’honneur du grand duc Nicolas en 1881, année de sa mort. Après sa disparition, la propriété change plusieurs fois de mains : vendue en 1912 à Poutiloff, puis en 1920 au roi de l’étain bolivien Simón Iturri Patiño, qui y appose son nom à l’entrée du parc.
En 1950, la ville de Nice rachète le domaine et le cède à l’Éducation nationale. Depuis 1965, il abrite le campus Valrose de l’université Nice-Sophia-Antipolis, incluant la présidence de l’université et la faculté des sciences. Le grand château, le petit château, le parc et ses éléments remarquables sont classés monuments historiques en 1991, préservant ainsi ce témoignage exceptionnel de l’âge d’or de la Riviera.
Le parc, entretenu par une centaine de personnes à son apogée, comportait des éléments pittoresques comme des grottes, des cascades et un étang navigable en barque. La reine Victoria, séjournant à l’Excelsior Régina Palace, venait s’y promener dans l’oliveraie. L’entrée monumentale, édifiée en 1881 par Sébastien-Marcel Biasini, est flanquée de tours jumelles et marque l’accès est du domaine.
L’architecture intérieure du château se distingue par ses plafonds à fresques, ses lustres de cristal et ses toiles de maître. La salle de concert, capable d’accueillir 400 spectateurs, possède une imposante machinerie en bois visible dans le fond de scène. Ce lieu, symbole du faste de la Belle Époque niçoise, illustre l’influence des élites européennes sur la Côte d’Azur au XIXe siècle.