Origine et histoire du Château de Varambon
Le château de Varambon trouve ses origines vers l’an Mil, lorsque le sire Varambon de la Palud érige un premier château fort, centre de la seigneurie locale. Ce site stratégique, situé dans l’actuel département de l’Ain, connaîtra plusieurs destructions et reconstructions majeures. En 1451, le duc Louis de Savoie ordonne sa démolition avant d’allouer 12 000 écus pour sa reconstruction. Un nouveau sac survient en 1595 lors des guerres précédant la conquête de la Bresse, réduisant le bourg et le château en cendres.
La seigneurie de Varambon reste pendant cinq siècles aux mains de la famille de La Palud, jusqu’à son extinction au XVIe siècle. Le domaine passe alors aux Rye-La Palud, puis, après des ventes successives, à la famille Perrachon en 1655. Ces derniers, marquis de Treffort, conservent le château jusqu’en 1756, date à laquelle il est aliéné à Jean-François Balland d’Augustebourg. Le château actuel, de style néogothique sur sa façade principale, est reconstruit en 1756 et restauré en 1855 par Alphonse de Boissieu, avec l’architecte Jean-Etienne Giniez et le paysagiste Choulot.
Parmi les éléments remarquables, la chapelle castrale, fondée au XIVe siècle par Aymé de La Palud et consacrée en 1444 sous le vocable de sainte Anne, abrite des tombes familiales. L’édifice actuel, inscrit aux monuments historiques en 2007, conserve des traces médiévales dans son aile arrière, tandis que son intérieur fut refait dans les années 1920. Le parc, pré-inventorié comme jardin remarquable, complète cet ensemble patrimonial marqué par une histoire mouvementée.
Le château illustre les transformations architecturales et politiques de la région, passant d’une forteresse médiévale à une résidence aristocratique des XVIIIe et XIXe siècles. Son évolution reflète les conflits locaux (guerres de Bresse, rivalités seigneuriales) et les influences stylistiques successives, du gothique au néobyzantin. Les archives mentionnent aussi son rôle dans la vie religieuse, avec une collégiale érigée en 1450, confirmée par les papes Nicolas V et Pie II.
Les architectes Jean-Etienne Giniez et Sainte-Marie-Perrin, ainsi que le paysagiste Choulot, ont marqué la restauration du XIXe siècle, tandis que des sources comme les travaux de Marie-Claude Guigue (1873) ou les études de Romain Piquet (2002) documentent son histoire. Aujourd’hui, le château, avec ses communs, sa chapelle et son parc, témoigne de près d’un millénaire d’histoire bressane, entre pouvoir seigneurial, destructions et renaissances architecturales.