Origine et histoire du Château de Varlemont
Le château de Barly, souvent appelé à tort château de Varlemont, est construit vers 1780 dans le Pas-de-Calais, à l’initiative de Vindicien Antoine Blin et de son épouse Marie Pétronille de Beauvoir de Séricourt. Ce nom erroné provient du patronyme de leur fils, Jean Vindicien Blin de Varlemont, propriétaire lors de l’achèvement des travaux. La famille Blin, bien que bourgeoise et aisée, n’a jamais été anoblie, et le château reste connu localement sous le nom de château de Barly.
La construction débute après l’héritage de Jean-Marie Blin, capitaine d’infanterie mort en 1775 dans sa maison seigneuriale. Son fils, Vindicien Antoine, et sa seconde épouse lancent le chantier, mais décèdent en 1786 avant son achèvement. Jean Vindicien Blin de Varlemont, leur fils, hérite alors du domaine. Maire de Barly en 1790, il est assigné à résidence pendant la Terreur, puis loue le château à l’évêque d’Arras entre 1812 et 1818.
Le château change plusieurs fois de mains au XIXe siècle : vendu en 1837 à la comtesse de Tramecourt, il passe ensuite au marquis du Luart, puis à Arthur Duhem en 1914. Réquisitionné pendant les deux guerres mondiales, il est sauvé de la ruine en 1970 par le colonel Jacques d’Antin de Vaillac, qui obtient son classement aux Monuments historiques en 1971. Les intérieurs, ornés de boiseries du sculpteur César Auguste Lepage (1784–1787), et l’ensemble néoclassique (chapelle, communs, laiterie) sont aujourd’hui ouverts au public l’été.
Architecturalement, le château illustre le style néoclassique de la fin du XVIIIe siècle, avec un corps de logis prolongé par des dépendances agricoles (pigeonnier, laiterie d’agrément). Son escalier d’Artois et ses décors intérieurs, classés, en font un témoignage rare du patrimoine rural aristocratique de l’Artois. Depuis 2001, les propriétaires actuels, Bernard Dragesco et Didier Cramoisan, poursuivent sa restauration et son ouverture estivale.