Origine et histoire
Le château de Vauban, originellement une maison-forte du XIIe siècle, était situé au hameau de Vauban, sur la commune de Bazoches, dans le Morvan. Ce bâtiment avait pour fonction première de surveiller la route reliant Vézelay à Lormes, un axe important dans la région bourguignonne. Son architecture modeste reflétait son rôle défensif local plutôt qu’une vocation résidentielle prestigieuse.
Au XIIIe siècle, les fiefs de Champignolle Haut et Bas, associés à cette maison-forte, appartenaient à Jean de Saillenay. En 1284, l’un de ces fiefs fut vendu à Jean de Bazoches, marquant le début d’une série de changements de propriétaires. Entre 1403 et 1486, le domaine revint à la Maison de Champignolle, avec Guillaume de Champignolle comme seigneur, avant d’être saisi pour non-respect des devoirs féodaux par Jean de Chastellux.
La famille Le Prestre de Vauban joua un rôle clé dans l’histoire du château à partir du XVIe siècle. En 1548, Emery Le Prestre, écuyer et châtelain de Bazoches, acquit le fief de Vauban et adopta le nom de Le Prestre de Vauban en 1558. Son fils Jacques, puis son petit-fils Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), célèbre ingénieur militaire, devinrent des figures marquantes du lieu. Sébastien, connu pour ses fortifications, racheta la terre de Vauban en 1684 pour l’intégrer à ses possessions de Bazoches.
Le château fut également marqué par des aménagements religieux et familiaux. En 1624, Paul Ier Le Prestre de Vauban fit construire une chapelle dédiée à sainte Catherine, comme en témoigne une plaque découverte en 1858. Les armoiries de la famille, « D'azur au chevron d'or, accompagné de trois trèfles et d'un croissant d'argent », ainsi que leur devise « Bellicae virtutis praemium », rappellent leur héritage militaire et seigneurial.
Les dépendances du domaine incluaient les fiefs de Champignolle-Dessus et Champignolle-Dessous, ainsi que celui d’Epiry, hérité par Jeanne d’Osnay. Ces terres, séparées ou réunies au fil des siècles, illustrent l’évolution des possessions féodales en Bourgogne. Le château, bien que modeste, fut ainsi le théâtre de transmissions successorales et de stratégies matrimoniales typiques de l’aristocratie locale.