Origine et histoire du Château de Vauchelles-lès-Domart
Le château de Vauchelles-lès-Domart, situé dans le département de la Somme (Hauts-de-France), est un édifice emblématique construit en brique et pierre, alliant les styles des XVIe et XVIIIe siècles. Sa construction s’est étalée de 1620 aux années 1770, avec des ajouts successifs comme les ailes basses au XVIIe siècle et les dépendances au XVIIIe. Le domaine se distingue par ses façades ornées de chaînages harpés, ses niches ovales, et ses frontons sculptés, reflétant l’évolution architecturale picarde.
Le château fut initialement érigé par François de Blottefière, vicomte de Domart, vers 1630, sur des bases peut-être héritées d’une maison seigneuriale antérieure. Au XVIIIe siècle, la famille du Sauzay, héritière par mariage, entreprit d’importants remaniements : ajout de pavillons en retour d’équerre (1767), construction de la chapelle, et réaménagement des intérieurs (salon rocaille daté de 1761). Le parc, structuré à la française avec des parterres géométriques et un jardin à l’anglaise, complète l’ensemble.
Classé Monument Historique en 1976, le château a subi des dégradations pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de son occupation par l’organisation Todt. Les restaurations ultérieures, comme l’aménagement du jardin sud en 1983 par l’architecte Patrick Delamotte, ont permis de préserver ce témoignage de l’histoire noble picarde. Aujourd’hui, le domaine reste propriété des descendants de la famille de Saint-Sauveur, héritière depuis le XIXe siècle.
L’architecture du château illustre la transition entre Renaissance et classicisme, avec des éléments décoratifs baroques (frontons trilobés, lucarnes à devants de pierre) et une distribution intérieure remaniée aux XVIIIe et XIXe siècles. Les communs, la basse-cour et les murs de clôture à bossages soulignent l’importance défensive et symbolique du lieu. La chapelle désaffectée, en brique et pierre, rappelle quant à elle le rôle religieux des seigneuries d’Ancien Régime.
Les archives révèlent des travaux majeurs au XVIIIe siècle, comme la création d’une salle à manger dans l’aile est (années 1785) ou la pose de lambris signés « Hénon/1761 ». Le domaine, saisi pendant la Révolution puis restitué en 1815, fut transmise par héritage féminin, notamment via Agathe-Hortense du Sauzay, qui y ajouté des décors néo-rocaille et néo-Henri II au XIXe siècle. Ces strates historiques en font un exemple rare de continuité aristocratique en Picardie.