Origine et histoire du Château de Vaugien
Le château de Vaugien, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, repose sur un domaine ancien et fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques. Les vestiges d’un château antérieur, transformé à plusieurs reprises depuis 1714, furent rasés en 1829 par le comte Amable de Théllusson de Sorcy (1793-1843) pour laisser place à l’édifice actuel. L’architecte est présumé être Charles Lorotte, également auteur du château de Clivois (Mayenne), tandis que d’autres sources évoquent Pierre Lorotte, élève de Claude-Nicolas Ledoux. Le bâtiment présente un plan rectangulaire : un corps principal élevé sur trois niveaux, flanqué de deux courtes ailes en rez-de-chaussée, des façades ordonnancées et une toiture en terrasse bordée d’une balustrade. Par sa physionomie et par certains éléments intérieurs, le château évoque les villas « à l’italienne ». Les pièces de réception, situées au rez-de-chaussée, sont décorées de tissus, de stafs et de marbres peints. Le vestibule du premier étage, traité de manière théâtrale, s’élève sur deux niveaux et reçoit un éclairage zénithal, à la manière de quelques grands hôtels de la fin de l’Ancien Régime, de villas néo-palladiennes anglaises ou de réalisations somptueuses de la famille Rothschild. Les ailes en rez-de-chaussée, certaines parties hautes et des aménagements intérieurs parfois surprenants résultent d’une importante campagne de modernisation conduite pour Henri de Wendel entre 1899 et 1904, campagne qui s’accompagna de la rénovation du parc. Une chapelle de style néo-roman, édifiée en 1868 à une centaine de mètres au nord-est du château, est aujourd’hui en très mauvais état et étayée du côté du chemin. Les cuisines, aménagées au sous-sol lors de la réfection de la fin du XIXe siècle, constituent une seule pièce hiérarchisée en une zone de préparation et cuisson et une zone consacrée à la vaisselle et à la rôtisserie ; elles sont restées intactes avec leur four, leur piano en état de marche, ainsi que les placards et les éviers. Ces cuisines, dotées d’un équipement moderne pour l’époque et d’une salle de repos pour le personnel, témoignent du mode de vie aristocratique de la famille de Wendel, propriétaire du domaine depuis 1897, où les loisirs mondains tels que la chasse, les réceptions et les bals occupaient une grande place. L’aménagement des cuisines est resté conforme aux souhaits du grand maître de forge Henri de Wendel et constitue un point fort des journées du patrimoine. Les sources anciennes signalent l’existence d’une grange au XIIe siècle, puis, aux XIVe, XVe et XVIe siècles, la présence d’un manoir, d’une chapelle et d’un colombier. En 1659, il est fait mention d’une grande maison de quatre travées. Un château est attesté dans la seconde moitié du XVIIe siècle, accompagné d’un jardin de la fin du même siècle attribué à Le Nôtre pour Pierre ou Denis Feydeau. Cet ensemble fut détruit entre 1798 et 1819 ; le château actuel date d’après 1828 et aurait été édifié en partie avec des matériaux provenant du Grand Ragonant aux Molières. Le domaine est resté dans la descendance de la famille et est aujourd’hui également loué pour des événements, des séminaires et des tournages.